samedi 24 mars 2018

L'enceinte de Senlis


















Entre Creil et Meaux, à deux pas de son alter ego nordique, Senlis se situe sur la Nonette, entre les forêts de Chantilly, d'Ermenonville et d'Halatte, au Sud du département de l'Oise, à quarante kilomètres au nord de Paris.
 De fondation antique, Senlis a accueillit les rois durant le Moyen Âge, la cité conserve de sa longue histoire un riche patrimoine et possède plusieurs musées. La vieille ville est constituée d'un ensemble de maisons et ruelles anciennes ceintes de remparts gallo-romains et médiévaux, autour d'une cathédrale gothique. Elle fut place forte, elle a vu naître son enceinte, son  château royal....




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 Localisation : 60 300, Senlis, département de l'Oise.


Région : Hauts-de-France


Construction :  Xe- XII-XII-XVe siècle



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En 987, Hugues Capet est élu roi de France dans l’enceinte du Château Royal : sa dynastie favorisera la vie religieuse et économique. Au XIIe siècle, la ville vit une de ses périodes les plus fastueuses sous le règne de Louis VI le Gros. La cathédrale Notre-Dame est construite, sur une période allant de 1153 à 1191. Le roi Louis VII accorde en 1173 une charte communale à la ville, donnant aux senlisiens leur liberté communale. Philippe Auguste dote la ville d’un rempart. Au XIIIe siècle, le chancelier Guérin, évêque de Senlis, remporte la victoire de Bouvines. Le roi Saint-Louis poursuit l’embellissement et l’agrandissement de l’enceinte du Château Royal, en y installant la communauté monastique de Saint-Maurice, des fortifications médiévales s’élèvent peu à peu.
 Aux XIVe et XVe siècle, la paix et la richesse économique de la ville s’effondrent, les débuts de la Guerre de Cent Ans s’accompagnant d’une épidémie de peste qui décime la région dès 1323. A la fin du XVe siècle, Senlis, très affaiblie, se reconstruit lentement, les ouvrages défensifs sont renforcés sous Louis XI et la bourgeoisie senlisienne s’enrichit peu à peu, comme en témoigne la construction d’hôtels particuliers toujours présents.
Au XVIe siècle, la ville, sous le commandement de Montmorency-Thoré, repousse les Ligueurs et soutient la cause d’Henri IV, qu’elle accueille en ses murs : il accorde à la ville des avantages fiscaux, en remerciement de sa fidélité et de sa loyauté. Une plaque apposée sur l’Hôtel de Ville témoigne de sa reconnaissance.
 Au XVIIe siècle, les centres d’intérêts économiques et politiques se déplacent, et la ville de Senlis amorce un lent déclin. Le chanoine Jacques Joly fait don au public de sa bibliothèque, ce fonds est à l’origine de la bibliothèque municipale actuelle.
Le XVIIIe voit le début du démantèlement des fortifications ; malgré la crise économique certains notables font encore construire de luxueuses demeures. 1789 est marquée par « l’attentat Billon » : cet horloger vexé d’avoir été chassé de la compagnie d'arquebuse fait sauter sa maison au moment du défilé des arquebusiers : 26 morts et 40 blessés sont dénombrés. La Révolution passe sans trop marquer la ville, le vandalisme consistant principalement en la décapitation des statues de la cathédrale Notre-Dame.


L'enceinte

Les fortifications médiévales de Senlis firent l'objet de travaux continuels pendant les XIVe, XVe,XVIe siècle. Toutefois, on n'avait pas changé leur configuration générale : on s'était contenté de réparer les dégradations causées par les guerres ou la vétusté, en augmentant les parties faibles et on les avait garnies d'ouvrages extérieurs. Tous les fossés avaient été ré­tablis en 1480 : on les avait, à cette époque, approfondis de 12 pieds (environ 4 mètres) et élargis d’autant. Le sire de Roberval, commis par le Roi en 1544 pour réparer l'enceinte de Senlis, fit exécuter de grands travaux vers la Porte de Meaux, établir le bastion de Saint Vincent, relever tout le rempart depuis la Porte de Paris jusqu'à la Porte de Creil, supprimer les Portes Eguillère, Saint Sanctin et aux Anes . On ajouta, de 1588 à 1598, un éperon au lieu de la Porte Eguillère ; un autre éperon, vers la Porte de Creil, soutenu par une plate-forme nommée "le Montauban", un ravelin à la Porte de Paris ; un ouvrage dit "l'Eperon des Dames" entre la Porte de Paris et la Porte de Meaux, un pont de sept arches à la Porte de Meaux, un grand éperon devant la Porte Bellon, un autre vis-à-vis la chapelle Saint Sanctin. Depuis ce temps (fin du XVIe siècle) les fortifications "cessèrent enfin d'accabler la ville du poids de leur conservation". On n'y fit plus, par intervalles, que de faibles travaux d'entretien.

Les fortifications médiévales initiales de Senlis, celles de Philippe Auguste, prescrites en 1190, furent réalisées dès le début du XIIIe siècle. Elles consistaient essentiellement en une muraille, garnie de tours et percée de portes. Cette muraille s'étendit concentriquement autour du mur de la Cité (IIIe s.) dont elle conserva le plan général ovale, mais en se rapprochant, au sud, de la vallée de la Nonette pour en utiliser la défense naturelle. Elle entourait ce qu'on peut appeler "la colline de Senlis", absorbant, outre la vieille "Cité", les "fors-bourgs", constitués par les diverses agglomérations qui s'étaient formées peu à peu sur les ruines d'Augustomagus, et qui étaient devenues des quartiers ou des paroisses. Elle englobait donc les paroisses Sainte Catherine (ou de Notre-Dame), Saint Nicolas (ou de Saint-Rieul), Saint-Aignan (ou de la Commune, Saint-Pierre, Sainte-Geneviève), mais laissait en dehors les paroisses Saint-Martin et Saint-Etienne, ainsi que les faubourgs de la Fontaine des Raines, de Villevert, de Villemétrie et quelques lieux comme "Les Marmousets", "la Gâtelière", le tout trop excentrique ou trop éloigné.

Cette enceinte du XIIIe siècle, simple muraille, avec ses tours et ses portes, était bâtie sur le modèle de l'enceinte gallo-romaine de la cité mais avec un mur beaucoup moins épais, ne dépassant pas 1 m.80, revêtu de pierres de taille d'appareil moyen au lieu de "pastoureaux". Sa hauteur ne, semble pas avoir dé­passée sept mètres, comme celle du IIIe siècle. Elle possédait d’assez nombreuses ouvertures pour assurer les communications avec l’extérieur. On ne connaît pas exactement le nombre des ouvertures de l'enceinte initiale de Philippe Auguste. Il faut tabler sur une dizaine.

Au sud, le mur de fortifications, haut de 7 mètres, soutient et protège la ville. Il domine la vallée boisée où serpente la Nonette. La petite rivière qui longe le pied du rempart Bellevue servait de défense naturelle.
Les ingénieurs militaires du XVIe siècle, en effet, ne firent qu'apporter des améliorations à la défense, comme l'avaient fait déjà plusieurs de leurs prédécesseurs. Ils se gardèrent bien de détruire l’ensemble de ce qui existait. Leurs travaux portèrent surtout sur les adjonctions extérieures. Le XVIe siècle se contenta donc de réparer le vieux mur d'enceinte, de renforcer le rempart et d'établir un contre-mur, là où il n'existait pas, pour empêcher le glissement des terres sur les maisons, les jardins et les rues. De sorte que le "mur" du rempart, parement extérieur de l'enceinte moderne, visible encore sur d'assez longs parcours, n'est autre que la muraille médiévale, plus ou moins restaurée, qu'il est aise de distinguer du rempart en plusieurs endroits.


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Les anciens faubourgs compris dans l' enceinte conservaient encore au treizième siècle leur première dénomination en formant des quartiers distincts de la cité. Le viens Ballantumtou Bellongus ou Bellanis désignait la partie de la ville voisine de la porte Bellon, le vieux Vineorum celui de la porte Saint Rieul, le vieux PariSlen Î î le quartier traversé par la vieille rue de Paris, lewüicas S œ Genovefæ celui voisin de Saint-Vincent et le vicus Vietelh remplacement même de Saint-Vincent, les vici Danielis et Securis occupaient le côté à l' ouest de la cité. Le grand diamètre de la ville mesuré à peu près de l' ouest à l' est entre Panciennè, porte de Creil et celle de Meaux. A environ onze cents mètres de développement, sa moindre dimension du nord au sud entre Péperon de Pancien, bastion Saint-Rien et le moulin des Carmes, est de près de sept cents mètres. La continance parait être de trente un hectares.
Les constructions les plus anciennes sont les murs de la cité dont on a déjà indiqué. Leur périmètre a un développement total de huit cent mètres, un grand diamètre de trois cent douze et un transversal de deux cent quarante deux mètres. L' ovale, était limité par une série de lignes brisées dont les murailleétaient garnis de vingt-huit tours espacées de 26 mètres, mesure moyenne. Ces restes étaient encore visibles presque dans toute sa continuité au XIXe siècle, quoique masqués par des édifices récents, ils touchaient au chœur de la cathédrale et à celui de l' église Saint-Framhourg. On aperçoit près du carrefour Saint-Hilaire, un arrachement de mur à une hauteur de quelques mètres. Ce mur épais de quatre mètres, est haut sur plusieurs points de sept à huit mètres, il est composé d' un opus racertum à bain de chaux et de mortier divisé par des lits horizontaux de carreaux ou de tuiles ayant deux pouces d' épaisseur. Le revêtement est un opus reticulatum irrégulier parce que les pierres dont il est formé sont rectangulaires dans des proportions variées. Les fondations consistent en sept ou huit assises de pierres d' appareil smillées (Tailler,un moellon, avec la smille, outil qui façonne la pierre de manière à obtenir des stries, des courbes, nombreuses, parallèles, séparées par de petites cassures d'éclatement) assemblées à sec. Seize tours existent encore plus ou moins conservées;  une se trouve dans le jardin de l' ancien évêché, une dans la maison dite Raoul de Vermandois, place de la Cathédrale, au coin du jardin du château, au milieu de ce jardin, au coin du même jardin touchant à Saint Maurice à côté de la porte de Saint-Maurice, deux sur la terrasse de Saint-Maurice, une près de la rue Sainte-Batilde, deux vis à vis la rue aux Fromages, une vis à vis de l'apport au pain, trois à la hauteur de la place au marché, une autre près de Saint-Frambourg. Elles se présentent en hémicycle en dehors du mur et font saillie carrément à l'intérieur de l'enceinte, pleines et massives jusqu'à la hauteur du mur dans lequel elles sont prises, elles montrent ensuite une chambre percée de trois fenêtres, l'une en face, les deux autres ouvrant sur le chemin de ronde du rempart. L'arcade  en plein cintre de ces ouvertures a ses claveaux séparés par des briques interposées. Chaque tour est large de 4.50 mètres. La hauteur primitive était de 13 mètres mais la plupart ont perdu une partie de leur hauteur. Les mieux conservées ont, dans le massif de leur maçonnerie, jusqu'à neuf lits successifs de carreaux distants entre eux de 1.50 à 1.80 mètres et dépassant de quelques pouces le front du parement.
La cité avait deux entrées, l'une à l'orient nommée Balantum ou porte de Reims, l'autre au sud vers Paris. Lorsqu'on démolit vers 1805 les deux tours qui défendaient la porte de Reims, on les trouva fondées sur des blocs équarris chargés de sculptures entremêlés de statues brisées dont quelques-unes conservaient des traces de dorure. On descendit dans le massif jusqu'à 2.60 mètres sans atteindre le sol naturel, ces débris, dont on rencontre les analogues dans la plupart des villes d'origine romaine, prouvent l'importance de Senlis avant l'établissement des fortifications. La porte de Paris, détruite depuis longtemps, était le lieu d'un marché, ce qui la faisait appeler dans les titres du treizième siècle "porta ubi panes venduntur", d'où est venu plus tard, par corruption, le nom de la rue de l'apport au pain ou port au pain.


Voir la suite page 157 https://books.google.fr/books



Sa description

Les tours sont carrées vers l'intérieur de la ville et arrondies vers l'extérieur. Elles sont pleines jusqu'au sommet de la muraille, ce qui permet d'affirmer qu'elles ont été construites en même temps. Au départ, toutes les tours étaient identiques. Le roi Clovis Ier a lancé des travaux d'amélioration des fortifications de Senlis vers l'an 500, qui n'étaient probablement pas terminés à sa mort en 511. Les tours ont alors été rehaussées d'un étage, comportant une salle et des ouvertures. Ainsi, 180 à 220 années se sont écoulées entre la construction de la muraille primitive et l'achèvement de cette seconde campagne de construction.
La datation de ces étages supérieurs a fait l'objet de controverses scientifiques ; l'on était longtemps persuadé qu'ils étaient quasiment aussi anciens que le mur d'enceinte.
L'appareillage des murs est différent vers l'intérieur et vers l'extérieur de la cité. Aux endroits où la surface de la muraille est encore intacte, l'on n'aperçoit que le parement, qui est fait de petites pierres cubiques. Entre ces deux couches extérieures sans fonction statique, l'on trouve, selon Marc Durand, "un blocage extrêmement compact et dur". C'est un mortier de chaux, appelé aussi opus cæmenticium (Le mortier antique était dans le meilleur des cas de la chaux grasse mêlée à de la pouzzolane - ou des tuileaux,fragments de terre cuite, qui contribuaient à rendre le mortier hydraulique - auquel cas il pouvait prendre l'apparence du béton de ciment moderne. Toutefois, il était très souvent constitué d'argile,les Grecs nommaient cette maçonnerie emplekton (it), additionnée, quand cela était possible, à de la chaux. Cette définition est fournie par l'archéologue Jean-Pierre Adam.), comprenant de la caillasse, du sable et des morceaux de tuile pilée ; le liant étant plus important des deux tiers de la charge ». Tous les 1,25 m, un lit de tuiles de 3 cm d'épaisseur est intercalé. Les fondations sont construites à sec.

L'enceinte de l'ancien castrum de Senlis couvrait une superficie de plus de 6 hectares ; elle constitue l'une des enceintes les mieux conservées du nord de la Gaule aux IIIe-IVe siècles. Cette enceinte du Bas-Empire, de forme ovoïde (comme un oeuf), comprend une courtine constituée d'un double parement de moellons approximativement carrés (opus vittatum) qui emprisonne un remplissage de moellons disposés en vrac et liés au mortier de chaux, sable et brique pilée (opus caementicium). Le tout repose sur un puissant libage composé de blocs de grand appareil utilisés en réemploi et provenant d'édifices détruits de la ville du Haut-Empire. La courtine était scandée de 26 tours, hémicirculaires (semi-circulaire) vers l'extérieur et de plan carré vers l'intérieur, quelques-une subsistent actuellement en élévation, partielle ou totale.


Les démolitions des fortifications 

Elles ont concerné essentiellement les portes, tours, bastions, éperons et fossés. Les remparts proprement dit subsistent sur la majorité de leurs parcours, que ce soit proche de l'état d'origine, en de rares endroits, ou comme vestiges. Ces vestiges sont entièrement accessibles à pied, à vélo et même en voiture, en ce qui concerne le rempart des Otages : il a été transformé en route (boulevard des Otages et boulevard du Montauban). Par contre, les abords extérieurs des remparts sont inaccessibles en public, s'agissant aujourd'hui de jardins privés. Les vestiges des remparts médiévaux sont présentés dans le sens de l'horloge, en partant du nord.


Le rempart des Otages

Il correspond au boulevard des Otages, qui va de l'emplacement de l'ancienne porte de Paris, à l'intersection des rues vieille de Paris et de Paris, jusqu'à l'extrémité ouest de la rue de la montagne Saint-Aignan. À partir de cet endroit, où se situe par ailleurs la plate-forme du Montauban, le boulevard se nomme boulevard du Montauban. Le nom provient des otages décapités lors du siège de Senlis, le 19 avril 1418. Le boulevard des Otages est donc établi sur la couronne du rempart, et c'est pour cela que le visiteur non préparé pourrait chercher en vain le rempart. Il a par ailleurs été construit sur le fossé du premier rempart médiéval. Sauf depuis le pont sur la Nonette devant la porte de Paris, il n'existe aucun endroit d'où l'on pourrait contempler le rempart de l'extérieur : tous les terrains en contrebas sont des propriétés privées. La longueur de la section du rempart préservé est de 250 m environ. À partir de 1828, la partie sud-ouest a été remodelée pour permettre l'aménagement du boulevard, et pour cette raison, le rempart ne subsiste plus entre la porte de Paris et le coude du boulevard où il dévie vers le nord-est. Le mur en surplombe la Nonette ne peut donc être considéré comme élément du rempart qu'avec une certaine réserve.











La ville




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Le patrimoine sur le site de la ville

Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee

Description du canton (au XIXe siècle) et de la ville de Senlis
https://books.google.fr/books

http://www.wikiwand.com/fr/Remparts_de_Senlis


Les seigneurs de la ville





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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr

Le monde des châteaux
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Le tourisme Oise


















Senlis au milieu du XVIe







Senlis au XVIe siècle

































Abbaye Royale de Saint-Vincent















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