jeudi 12 juillet 2018

L'enceinte de Druyes










Armorial des Comtes de Nevers




Au Sud-Ouest du département de l'Yonne et de sa limite, proche d'Auxerre, Druyes, commune du département de l'Yonne vit la construction de son château-fort favorisée par la venue des Comtes d'Auxerre dans la seconde moitié du XIIe siècle. Au XIe siècle, Druyes est aux mains de la famille de Nevers qui possède les deux comtés d'Auxerre et de Nevers et mentionne l'existence d'un château dans le village. 




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Localisation : 89560, Druyes-les-Belles-Fontaines, département de l'Yonne


Région : Bourgogne-Franche-Comté


Construction :  XIIe siècle






Le comté d'Auxerre, auquel est rattaché Druyes, entre au début du Xe siècle dans les possessions de Richard le Justicier, duc de Bourgogne. À sa mort, le vaste territoire qu'il avait réuni se disloque et sa partie nord - auxerrois et sénonais - passe en 954 entre les mains de Hugues le Grand, duc des Francs, puis de ses fils Otton et Henri, ducs de Bourgogne. Le duc Henri meurt en 1002 et les prétendants, son beau-fils Otte-Guillaume et son neveu le roi de France Robert le Pieux, se déchirent dans une guerre de succession pour le contrôle de la Bourgogne. Le roi Robert l'emporte mais Landry, comte de Nevers, gendre d’Otte-Guillaume, profite de la période de trouble pour asseoir son autorité sur une partie de l'auxerrois, en particulier Saint-Sauveur et Druyes. À partir de 1032, le comté de Nevers et celui d'Auxerre sont réunis entre les mains de Renaud, fils de Landry. Au sein de cet ensemble qui va perdurer pendant les siècles suivants, Druyes occupe une place singulière puisqu'il appartient en bien propre au comte de Nevers et ne dépend pas de l'évêque d'Auxerre, dont le pouvoir féodal s'étend pourtant sur le reste de la région. Ce n'est qu'à la fin du XIIè siècle que le château de Druyes apparaît dans les textes. Il est alors l'une des résidences habituelles de Pierre II de Courtenay, cousin du roi Philippe II Auguste et comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre par son mariage en 1184 avec Agnès de Nevers. 

Ce redoutable castel qui semble vivre encore intact et complet montre sa grande courtine du midi qui se développe et s'étend comme un vaste bastion. Les deux tours qui la flanquent à l' Est et a l'Ouest ont l' air de défier les coups d' un assaillant et la haute masse carrée du beffroi s'élève au centre comme une sentinelle vigilante.


* L'enceinte
Elle était défendue par des tours : tour Bonnon ou tour Jean Martin, avec un fossé extérieur et une palissade de bois aux endroits les plus accessibles. A l'intérieur de la cour se trouve, à coté de la tour carrée, une chapelle adossée contre la courtine Sud-Est, un grand bâtiment d'habitation longeait la courtine Sud-Ouest.

Il s'agit d'un vaste parallélogramme flanqué à chacun de ses angles d'une tour ronde et dont chaque courtine, à l'exception de celle qui regarde le midi, est divisée en deux parties par une grosse tour carrée. La porte du château s'ouvre dans le pied de la tour du nord et la tête de cette tour est surmontée d'un grand beffroi. Tout l'édifice est construit en petit appareil à l'exception de cette dernière tour. La moitié seulement de l'espace inscrit dans cette enceinte était occupée par l'habitat, le reste formait une cour spacieuse où s'élevaient la chapelle et quelques bâtiments accessoires. Le château était adossé à la grande courtine du midi. Deux étages seulement composaient l' habitat; le Rez-de-chaussée n'était ouvert que sur les cours, neuf grandes arches à plein cintre percées dans la courtine livraient à l'étage supérieur le riant aspect de la vallée et la longue perspective du grand plateau de la Forterre avec sa noire ceinture de forêts.

Une première enceinte délimite le sol d'assiette et environne le centre du village ; ce qui me donne à penser qu'elle a succédé aux remparts d'un baile roman. A une extrémité de l'enclos, adossé à une falaise rocheuse qui plonge vers la rivière, se dresse le château proprement dit, abandonné depuis quatre ou cinq cents ans et tombant en ruines : murailles dessinant en plan un carré de 53 mètres de côté, quatre tours d'angle cylindriques, trois autres tours cubiques cette fois plantées au milieu des courtines, corps de logis bâti au fond de la cour, sur la crête de l'escarpement. On considère sans preuves que l'édifice, dont l'âge précis nous est inconnu, était achevé l'an 1188, sinon peu avant.


 * Les tours
Basées au milieu et à chaque angle sont espacées de 30m, l'intérieur était muni de planchers en charpente maintenu par des corbeaux en pierre scellés dans la maçonnerie.  Dans la tour Sud, le dernier étage était maçonné d'une voûte qui servait de plancher.

Les angles du château-fort sont défendus par quatre tours rondes. Trois des quatre courtines (mur qui relie deux tours) possèdent une tour carrée. La tour nord, la plus haute, est une porte d'entrée fortifiée. Un grand logis, aujourd'hui disparu, s'appuyait sur la courtine sud, percée d'ouvertures romanes en plein cintre. Le château était enfermé dans une première enceinte qui suivait le contour du mamelon
fortifiée, elle avait la forme d'un triangle de 300m égaux de coté, qui, sur le côté Sud-Est possédait trois tours dont deux circulaires et une à cinq pans. Au Sud-Ouest, la muraille est assise sur l'arête même du flanc de la cote et se prolonge de 12 m en arrière du château. Placé à très peu de distance des rochers, ce mur, ce dresse à pic et est séparé par un rampe pentue. L'entrée de la ville est placée à la jonction des murs Nord-Ouest et Est, vers une petite langue de terre qui relie la ville a la plaine, le fossé du Nord-Ouest se prolongeait jusqu'à cette entrée et formait un retour un peu plus au Sud-Est. Une tourelle élevée presque à l'extrémité Sud-Ouest du mur d'enceinte Nord-Ouest se trouve sur la même ligne que les deux tours des angles du château, ces tours, tout le long de l'enceinte, communiquaient entre elles.


* Les courtines
Elles ont une épaisseur de près de 2 mètres et une hauteur de 7 mètres ; mais la courtine sud qui protégeait le logis atteignait 10 mètres. Elles comportaient à leur sommet un chemin de ronde protégé par des créneaux à l'extérieur, qui donnait accès à l'étage des quatre tours. À l'exception de la courtine sud, défendue par un important dénivelé naturel, les trois autres courtines comportent en leur milieu une tour carrée qui réduit la distance de flanquement à 20 mètres et permet de croiser les tirs d'archers pour mieux protéger la base des murs.



Le château-fort, page 241 
https://www.persee.fr/doc/bsnaf










La ville
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Druyes sur la base Mérimée 
Le site du château-fort   

Deux documents sur le château, l'enceinte




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La courtine