lundi 10 décembre 2018

L'enceinte tardo-antique et la ville. Troyes















L’enceinte tardo-antique

L’enceinte de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle aurait fait l’objet d’aménagements durant la période carolingienne. L’opération sise rue des Trois-Godets (1989) a montré que l’assise du rempart a été surélevée sur 3,50 m par une autre construction constituée de parements latéraux débordants. En 1990, les sondages effectués dans le jardin de l’Hôtel-Dieu ont révélé que la surélévation du rempart nécessita un apport de terre important qui dût entraîner un exhaussement du niveau de sol à l’intérieur de la ville close (LENOBLE, DEBORDE, 1995, p. 33). En outre, sans qu’il soit possible de dater avec précision ces constructions, plusieurs textes médiévaux mentionnent l’aménagement de portes et de tours dans la muraille. La porte Saint-Lyé, située à l’extrémité nord de la rue de la Tour, les portes de l’Évêque et d’Artaud, localisées rue de la Cité dans la partie sud de l’enceinte de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle, la Tour-Chapitre à l’angle des rues Linard-Gonthier et de l’Évêché et une seconde tour rue Boucherat (emplacement de l’hôtel du Petit-Louvre) auraient pu être édifiées à cette période. Il est possible que ces aménagements aient été liés à l’incendie et à la destruction d’une partie de la ville par les Normands lors des raids menés à la fin du IXe siècle. Une charte souscrite par le comte de Troyes et abbé laïc de Saint-Loup Adelermus datée du 1er mars 890 ou 891 relate le retour des habitants dans la cité : « …urbem quam nudam dimiserant, necessitate cogente, licet sero, murris et turribus et seris obfirmaverunt » (« …cité qu’ils avaient laissée nue et sous l’emprise de la nécessité, un peu plus tard, ils la fortifient de murs, de tours et de portes verrouillées », LOT, 1939, p. 503-504).


La ville

la première demeure des comtes de Champagne est située à l’emplacement de l’actuelle place de la Tour, à proximité immédiate des remparts dans l’angle nord-ouest de l’enceinte de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle et à l’opposé du centre épiscopal localisé dans l’angle sud-est. La construction de cette forteresse remonterait au Xe siècle (ROSEROT, 1948, III, p. 1654-1655)

La partie nord de l’enceinte paraît conserver une certaine prééminence spatiale puisque la première demeure des comtes y est édifiée. De même, l’angle sud-est de l’enceinte, dominé par la cathédrale, conserve sa prééminence dans la mesure où un établissement d’accueil y est bâti. L’espace central acquiert une fonction religieuse certaine lors de la reconstruction de l’abbaye Saint-Loup (second emplacement).

Extra muros, le château de la Vicomté était localisé au sud-ouest à plus de 500 m des fortifications près de l’église Saint-Nicolas, à l’emplacement de la tour du Beffroi édifiée au XIIIe siècle. Le cadastre napoléonien de 1838, section E dite de la Halle aux Marchandises, parcelles n° 1-612, suggère que le château de la Vicomté a été édifié sur un point élevé du site de Troyes. La courbure du parcellaire visible sur le cadastre témoignerait des limites de la motte de l’ancien château (LENOBLE, DEBORDE, 1995, p. 33). Il aurait existé avant la fin du Xe siècle. Le premier vicomte connu à Troyes est Gautier, qui souscrit une charte du comte de Troyes Robert II en 959 (ROSEROT, 1948, III, p. 1520). Ce château était le lieu de résidence des agents des comtes de Champagne en charge de la surveillance des foires qui avaient lieu sur l’actuelle place Jean Jaurès (ibid., 1948, III, p. 1520, 1656).


- Une perception nouvelle de l’espace urbain à la fin du haut Moyen Âge et au début du Moyen Âge central (XIe siècle-début XIIe siècle)

La topographie naturelle
Les opérations de canalisation de voies d’eau se poursuivent. En 1990, l’opération de l’Hôtel-Dieu-le-Comte a mis en évidence une structure de drainage matérialisée par un fossé à hauteur de la rue de la Montée-Saint-Pierre. Cette structure serait à mettre en lien avec la levée de terre située au-delà du mur d’enceinte de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle. La datation des restes fauniques présents dans le fossé a attesté l’occupation du secteur aux XIe-XIIe siècles. Une opération d’assèchement des marais, facilitée par la mise en place d’un réseau de canaux, débute au début du XIIe siècle à l’instigation des comtes de Champagne, en particulier Thibaut II le Grand (1125-1152). Celle-ci modifie profondément la topographie naturelle de la ville et la perception de l’environnement qu’ont les habitants. L’usage de l’espace semble devenir plus réfléchi. En l’absence de documents relatifs à ces travaux d’aménagements avant le milieu du XIIe siècle, la datation de cette entreprise demeure imprécise. Ceux-ci, qui ne semblent pas avoir modifié le réseau viaire existant de manière importante, pourraient être liés au développement économique de la ville (installation d’ateliers de tanneurs notamment) et à la construction de la seconde enceinte.


- L’enceinte tardo-antique et l’enceinte médiévale

L’enceinte de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle pourrait avoir perduré dans le paysage urbain jusqu’à cette période, bien qu’aucun indice ne confirme cette hypothèse. Probablement dès la fin du XIe siècle, les comtes de Champagne Hugues (1093-1125) et Thibaut II le Grand (1125-1152) entreprirent la construction d’une seconde enceinte afin de fortifier la ville et « d’assurer […] la protection des biens et des personnes » (COLLET, 1988, p. 7). L’essor économique et la mise en place d’activités spécialisées engendrèrent en effet une forte extension de la ville vers l’ouest et le sud, conduisant à protéger ces nouvelles activités de toute menace extérieure. Aucune découverte ne permet de dater le début de la construction de cette seconde enceinte. L’opération effectuée à l’hôtel-Dieu-le-Comte/parvis de l’Université (1992) a mis au jour un fossé de 4 x 2 m orienté sud-ouest/nord-est. Le mobilier contenu dans son comblement a permis de dater le creusement de cette structure fin XIe siècle/début XIIe siècle. Ce fossé aurait appartenu à un système de défense ayant nécessité un apport de terre sur toute la longueur intérieure de la muraille sud (DEBORDE, 1992b). La découverte de mobilier céramique des XIe-XIIe siècles au 130, rue du Général de Gaulle/9, rue Argence – notamment un bord carbonisé à sommité concave présentant des têtes de flammules sous le bord – témoignerait d’une occupation anthropique à proximité de la zone de construction des remparts. Seul un acte daté de 1125 prouve que l’édification de la seconde enceinte pourrait avoir débuté à cette période. Cet acte mentionne la « Porta de Croncellis » (« Porte de Croncels »), localisée à l’angle de la rue Turenne et du boulevard du 14 Juillet (COLLET, 1988, p. 7, 57). L’existence de cette porte montrerait que la partie ouest de la ville était déjà ceinte par un rempart au début du XIIe siècle.


Lire la suite  https://journals.openedition.org/tocto2n9














La ville




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Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee

Trois documents; un sur l'archéologie de la partie médiévale, de la ville,
un les remparts et le dernier sur le château.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Remparts_de_Troyes
https://journals.openedition.org/cem/13984
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ancien

Sauvegarde du patrimoine

Les Comtes de Champagne





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