lundi 9 avril 2018

L'enceinte de Noyers













Située sur un segment du triangle Tonnerre, Avalon, Auxerre, au coeur de la vallée du Serein sur un plateau calcaire, Noyers fait partie du Pays des Vallées de l'AS. Le bourg médiéval est implanté dans un méandre particulièrement marqué du Serein, en forme de goutte d'eau, la forteresse, qui fut puissante, fut cintrer d'une enceinte.





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 Localisation : 89 310, Noyers, département de l'Yonne.


Région : Bourgogne-Franche-Comté


Construction :  XIIe siècle



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La ville de Noyers-sur-Serein se développa au Moyen-Age grâce à une famille puissante : Mile de Noyers participa ainsi à la deuxième croisade et Gui de Noyers, évêque de Sens, couronna Philippe Auguste. Une muraille fut construite à la fin du XIIe siècle, le château primitif est transformé en château-fort à la même période. Il s’agissait alors d’un des bastions les plus puissants de France. La croissance de la ville s’arrêta soudainement quand Louis XVI, au XVIIIe siècle, décida de déplacer la route nationale.
Fondé par le roi du peuple Sequane avant la conquête romaine ou par un contemporain de Jules César dénommé "Lucidorius" qui aurait donné à la ville son premier nom Lucida, les origines de Noyers ne sont pas très claires.  Miles X fait Maréchal de France par Philippe le Bel en 1303, commanda pour sa dernière mission au nom du roi de France, Philippe IV de Valois, la fine fleur de la chevalerie française qui se fit tailler en pièce à Crécy, par les fantassins anglais.
 A la fin du XIIe siècle, Hugues de Noyers, Évêque d’Auxerre, fit construire "un des plus fier castel de France" lequel fut assiégé et résista aux assauts des troupes de Blanche de Navarre en 1217.
 En 1419, après l’extinction de la dynastie des Miles, la seigneurie de Noyers passe aux mains des Ducs de Bourgogne. Le prince de Condé, devenu comte de Noyers, fait de son fief un pôle de résistance huguenote et s'y réfugie en 1568 après l’échec de la conjuration d’Amboise. Catherine de Médicis le déloge, faisant capituler la garnison. Devenue un temps repaire du Baron de Vitteaux, plus brigand que seigneur, le château fut démantelé par Henri IV en 1599 après la capture de son propriétaire. Après une longue période de léthargie, la ville renaît sous l’impulsion du duc de Luynes qui épouse la dernière descendante des Condé en 1710. Place du marché au blé, place et rue de la petite étape aux vins sont des noms qui témoignent de la vocation agricole de la cité depuis longtemps. Le commerce du vin et du grain était florissant, de nombreux documents attestent de l’importance des vignes, des noyers, des cerisiers sur les collines qui l’entourent. D'ailleurs, jusqu’à l’aube du XXème siècle, cercliers, charrons, bourreliers, tonneliers, maréchaux-ferrants, cordonniers ont représenté une bonne partie de l’artisanat local. On comptait, au recensement de 1861, 128 vignerons et 25 laboureurs. Aujourd'hui encore, même si leur nombre a considérablement diminué, les agriculteurs ont encore toute leur place, et Noyers quoique tourné vers l’avenir, a toujours un pied ancré dans la ruralité qui en fait une de ses spécificités.


Flanqués de 23 tours, les anciens remparts, épais d'1.70 m, cernent la ville et sont ouverts de trois portes : la porte de Tonnerre, l’ancienne porte Venoise et la porte d’Avallon ou porte peinte.

 En 1190, Clérembaud fait construire une muraille autour du château primitif, avant de partir en croisade. Hugues de Noyers, évêque d'Auxerre et tuteur de Miles VII, fait transformer le château primitif à la fin du XIIe siècle en un véritable château-fort à triple enceinte, « un des plus fiers castels de France » selon la chronique. Il fait aussi construire des remparts autour de la ville. Du donjon de Noyers dépendent alors plus de 80 fiefs.

En 1217, le Château de Noyers-sur-Serein résiste aux troupes de Blanche de Navarre venues l'assiéger, pour y déloger Erard de Brienne qui prétendait avoir des droits sur la couronne de Champagne, par son mariage avec Philippine de Champagne (guerre de succession de Champagne). En 1285 Miles X de Noyers reconnaît la suprématie du duc de Bourgogne sur ses fiefs. Fait Maréchal de France en 1303, il s'illustre à Courtrai et à Crécy. La famille de Noyers n'ayant plus d'héritiers, la seigneurie est vendue à la duchesse de Bourgogne Marguerite de Bavière en 1419.


* La construction de l'enceinte, de ponts et portes

Elle est attestée par la charte de fondation de Miles VIII, en 1232. Par cet acte, " le seigneur de Noyers accorde divers droits aux habitants du bourg et des lieux-dits les Moulins et Valenoise : en échange de l'exemption du droit de mainmorte concédé par Miles VII, les habitants devront acquitter la moitié des frais pour la construction de l'enceinte du bourg, depuis la porte de Venoise jusqu'à la Porte de Noyers-ville et jusqu'à la Porte de la Rue. Le sire de Noyers paiera l'autre moitié et s'engage à construire les ponts ". En 1376, les habitants de Noyers se plaignent de leur seigneur qui refuse de participer au financement de l'entretien des murailles. Les fortifications furent restaurées de nombreuses fois, notamment au XVe siècle, " le duc de Bourgogne accorde à la ville, la remise de l'impôt de la petite pinte sur le vin, celui de la maille sur le pain et celui du sel vendu au grenier ".

L'enceinte comprenait 23 tours et 3 portes. L'accès sud de la ville était défendu par la Tour des Enfants Perdus, détruite en 1805, décrite par l'arpenteur Marat en 1713 : " sous ce pavillon sont 3 portes sans aucune fermeture, la 1re est celle au-devant de laquelle se levait autrefois le dit pont-levis, la 2e porte communique avec les avenues du Pré et de l'Echelle, la 3e porte a communication au pavé et levée qui va du côté de la Porte Peinte "levée pavée " enclose de murs des 2 côtés de 3 m ".
En 1491, on reconstruisit le pont-levis de la Porte Peinte, entièrement rebâtie au XVe siècle ; cette porte était ornée jadis de 2 panonceaux peints aux armes seigneuriales, d'où son appellation. Au nord, 2 autres portes encadraient la colline Saint-Georges, site du château : la Porte de la Rue (Porte de Tonnerre) et la Porte de Venoise, disparue, dont la tour de Venoise, son corps de garde (9e tour à partir de la Porte Peinte) est décrite par Marat : " tour voûtée et une chambre sur la voûte où il y a une cheminée ". En 1778, les herses et les portes de la ville furent démontées. De l'enceinte subsistent 19 tours et 2 portes en pierre de taille, très remaniées. Les tours rondes sont couvertes en lave ou en tuile plate. Au sud, la Porte Peinte, protégée par la Porte des Enfants Perdus (détruite) , est armée de 4 bouches à canons ; sur la façade sud, sa bretèche percée de 2 bouches à couleuvrine surmontait la herse fermant le passage voûté en plein-cintre ; au nord, le niveau supérieur est éclairé par une fenêtre à meneau en partie murée ; le toit en pavillon a été refait en ardoise. Au sud subsistent la tour de Venoise, corps de garde de la porte disparue et la Porte de la Rue (ou de Tonnerre) , voûtée en arc brisé, très remaniée, ainsi que des vestiges des remparts et notamment la tour dite du Guetteur.



* Le château, la ville au XVIe siècle

Le château

Il possédait un fossé creusé dans le roc protégé par cinq tours qui coupent la première défense du château au Nord, de trois fossés munis de pont-levis, d'un boulevard séparant le deuxième du troisième fossé, un lice ou chemin d'accès allant du château à l'extérieur situé entre la première et la deuxième enceinte, des ouvrages avancés destinés à défendre l'entrée de l'avenue conduisant au pont-levis, d'un mur de clôture épais de 2 m appelé "Saut Parabin" construit sur l'escarpement d'un rocher, qui était défendu à chaque extrémité par une forte tour carrée à deux étages et par un fossé de 16 mètres de large, creusé dans le roc, il formait une séparation entre la ville et le château. Une échauguette place à l'angle de cette tour du côté de la ville permettait de surveiller en dessous la porte de la rue. Une poterne placée dans l'angle rentrant donnait accès à la ville ainsi qu'à un chemin de ronde communiquant avec la seconde tour.


Des portes

- La porte de la rue
De forme carrée à un étage, cette porte avait cinq entrées différentes; les deux premières sous la porte proprement dite, la troisième à 8 m au de là, la quatrième 18 m plus loin, cette dernière était défendue par un corps de garde voûté. Entres les deux premières entrées s'abattait une herse. La cinquième était ouverte dans un mur crénelé très épais barrant complètement le passage depuis les rochers jusqu'au sous-bief du moulin de la rue.

- La porte de Venoise
Munie de deux entrées défendue par une tour et une tourelle, les murs de clôtures des dites portes étaient crénelés. Le parapet regardait la ville.

- La tour carrée
S'élevant dans l'angle rentrant du mur d'enceinte, il défendait la poterne ouverte à cet endroit.




Le gros-oeuvre était fait de  calcaire, pierre de taille et moellon.












La ville




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Le patrimoine sur le site de la ville

Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee

La restauration du château
http://www.lepatrimoineoublie.fr


Le château
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%

http://journals.openedition.org/cem/691


Les seigneurs de la ville





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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr

Le monde des châteaux
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Le tourisme Yonne





























Intérieur du château













Le château



















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