dimanche 3 juin 2018

L'enceinte de Dourdan


























Installée dans une cuvette naturelle bordée de plateaux au cœur de la vallée de l’Orge, dans le département de l'Essonne, la ville de Dourdan s’est développée au cours des siècles, autour de son cœur historique et de son château-fort du XIIIe siècle.





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 Localisation : 91 410, Dourdan, département des Yvelines



Région : Ile-de-France


Construction :    remparts (XVIe siècle), château fort (XIIIe siècle)





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Des deux côtés de la porte de Chartres, les murailles de la ville, régulièrement flanquées de tourelles et naguère bordées de fossés, forment autour de Dourdan une imposante ceinture. À gauche, les remparts s’inclinent avec le terrain jusqu’à la rivière. À droite, ils se prolongent sur un sol nivelé et sans autre interruption, de la porte de Chartres à la porte Saint-Pierre, une ouverture dans l’axe de la rue Croix-Ferras ou Ferraize, à l’endroit de la Tourelle carrée.
Deux tourelles défendent cette entrée de la ville dont les remparts, enclavés dans la terrasse du parterre, ne reparaissent plus qu’au faubourg Grousteau, qui a perdu sa communication avec la rue des Bordes.

La  Halle, place et église étaient peut-être, suivant l’usage le plus fréquent, contenues dans la baille du château, sorte d’enceinte extérieure où le seigneur aimait à réunir sous sa main le centre religieux et le centre commercial de la ville, et surveillait à la fois le mouvement de la population et la perception des droits domaniaux. En tout cas, l’entrée du château n’était pas immédiate comme aujourd’hui, et, en avant du fossé, une place entourée de barrières servait à l’évolution et au groupement des hommes d’armes qui sortaient les uns après les autres par l’étroite passerelle du pont levis. La formation de l’enceinte des fossés dut être l’objet d’un grand travail.

Cette enceinte mesure 340 mètres de pourtour ; elle forme un carré à peu près parfait d’environ 90 mètres de côté. Le fossé, construit à fond de cuve et entièrement revêtu de parois de grès, a 12 mètres de largeur et plus de 6 mètres de profondeur à partir du sol de la ville. Le développement de la surface occupée par le fossé est de 34 ares, 40 centiares. L’enceinte intérieure contient 53 ares, 60 centiares. C’est un total de 88 ares pour l’ensemble du terrain consacré par Philippe-Auguste, au milieu de la ville, à sa nouvelle citadelle. L’orientation, parfaitement choisie, est du nord-ouest au sud-est. Une muraille très-élevée ou courtine forme la paroi intérieure du fossé. Cette muraille, bâtie en grès à peu près jusqu’au niveau du parapet de la paroi extérieure, et continuée en moëllons et cailloux cimentés par un indestructible mortier, a une épaisseur de plus de 2 mètres. Elle est flanquée de neuf tours circulaires en saillie. Deux de ces tours, rapprochées l’une de l’autre, défendaient l’entrée principale située sur la place et protégent la porte ogivale à laquelle un pont-levis donnait accès. Quatre tours s’élèvent aux quatre angles, et trois autres à la moitié de chacun des trois côtés de l’enceinte. La tour de l’angle nord, qui surpasse de beaucoup les autres en diamètre et en hauteur, a une position tout exceptionnelle. Complétement détachée de l’enceinte intérieure, elle se dresse isolée au milieu du fossé. Le fossé l’enveloppe, échancre sur ce point l’angle du carré, et se renfle du côté de la ville pour conserver sa largeur et décrire une circonférence à peu près concentrique à celle de la tour. C’est le donjon. Ces tours, dont la base, jusqu’à affleurement du sol de la rue, est en grès et s’assied solidement dans le fond du fossé, ont des murs dont la maçonnerie atteint ou dépasse deux mètres d’épaisseur. Elles contenaient au moins deux étages soutenus par des voûtes à nervures et des planchers, et éclairés par d’étroites baies ou de simples meurtrières. Un escalier, pris en général dans l’épaisseur du mur, servait pour la communication intérieure. Ces tours, dont cinq sont aujourd’hui rasées au niveau de la courtine qui les relie, c’est-à-dire au niveau du premier étage, n’avaient pas l’aspect massif et surbaissé, mais s’élevaient minces et élancées et devaient être surmontées d’un chemin de ronde avec mâchicoulis et d’un haut toit pointu revêtu d’une couverture de tuiles. Des souterrains voûtés « et blancs comme neige » mettaient en communication ces tours et servaient de magasins pour les vivres et les munitions. Une autre communication aérienne les reliait toutes à l’extérieur. Une sorte de galerie couverte en bois, avec toit incliné et paroi antérieure percée d’ouvertures pour lancer des projectiles, était accrochée ou fixée aux murailles et permettait de circuler de tour en tour. Dans le plancher un large trou, qui était sans doute recouvert d’une dalle, est la bouche du souterrain ou casemate qui mettait le donjon en communication avec l’intérieur de la place et très-probablement aussi avec l’extérieur. En effet, ce souterrain que nous avons exploré passe sous le fossé de 7 m. qui séparait le donjon de la cour. On y descend d’abord, à l’aide d’une échelle, par une sorte de puits perpendiculaire d’environ 4 m. 60 de profondeur. Un escalier voûté forme ensuite un chemin en pente de 6 m. de long sur 1 m. 10 de large et 2 m. 10 de haut. Le chemin, devenu horizontal, s’élargit un peu et mesure 1 m. 60 sur 7 m. de longueur. On se trouve alors sous le fossé. Une nouvelle pente avec degrés, d’environ 8 m. de longueur, remonte jusqu’à une sorte de plate-forme de 2 m., au-dessus de laquelle se trouve l’ouverture, aujourd’hui fermée de dalles et recouverte de terre, qui ressort dans l’intérieur de la cour. Par cette casemate, la garnison, une fois forcée dans le château, se retirait dans le donjon et des portes et herses de fer empêchaient l’ennemi d’y pénétrer. Mais pour donner aux assiégés, cernés de toutes parts, un moyen de communiquer avec le dehors, un autre souterrain devait, suivant l’usage, s’ouvrir dans la casemate et se diriger en sens opposé, en passant sous le fossé extérieur, pour sortir à quelque distance. Une tradition, commune à tous les vieux châteaux, donne à ce souterrain une immense étendue et le fait aboutir à Sainte-Mesme, c’est-à-dire à une lieue de là. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’au bas de la descente de la casemate, à l’intérieur de la tour, une ouverture, assez grossièrement bouchée et près de laquelle se voient quelques suintements d’eau, correspond à l’axe du puits du donjon.


 De la tour d’angle, jusqu’à la grosse tour, dominant la rue de Chartres, se dresse, avec ses deux étages et ses combles, le principal corps de logis « long de dix espaces. » Le rez-de-chaussée est occupé par les écuries du duc de Guise plus ou moins endommagées et dépouillées de leurs accessoires, par le puits entouré de ses garde-fous, par un escalier à vis desservant les étages supérieurs et par une cuisine basse, du côté de la grosse tour, dans laquelle ouvre un autre escalier. Les sept tours qui, avec les deux tours d’entrée, forment la défense de l’enceinte, ont leurs planchers brisés et leurs salles à demi comblées de terre. Les « garde-fous planchéisés pour aller de tour en tour » sont encore accrochés sur les murailles. La grosse tour, solitaire au milieu de ses fossés, se relie à la cour par sa casemate, cette fameuse casemate qui a perdu le capitaine Jacques. Dans la cour, cette casemate est fermée par « ung huis faict de barres de fer » cadenassé et verrouillé. Derrière il y a  une descente de vingt-quatre marches. Un long corridor chemine sous le fossé et aboutit à un autre « huis de fer » qui donne accès à l’aide d’une échelle dans le premier étage du donjon. Là sont « les escalliers et vis pour monter au hault d’icelle tour, ung puits et ung four. » Sur le faite, « les murailles de pierres de taille sont escorchées de quinze thoises ou environ à cause du canon, » et il est resté « des courtines d’oziers plaines de terraces qui journellement, par la pourriture d’icelles, tombent tant en fossez que au dedans d’icelle tour. » Du bord de la rivière qui baignait ses murailles, la ville montait en amphithéâtre jusqu’aux fossés du château, et, de sa tourelle, le châtelain élevé au-dessus des toitures des rues basses, avait pour premier plan un pêle-mêle étrange de combles aigus et de pignons inégaux déchirant bizarrement l’horizon.

la porte d’Étampes, derrière laquelle s’abritait, au XVIe siècle, l’auberge du Dauphin. La rue se resserre, deux tourelles reliées aux murailles de la ville en défendent l’entrée, et des gonds, encore scellés aux piles de ces tourelles, annoncent que la ville a été bien réellement fermée de portes. La rivière qui baigne le pied des murailles de Dourdan, derrière lesquelles court la ruelle des Cordiers, sert de fossé à la porte d’Étampes et on la traverse sur un pont de pierre qui a remplacé, en 1732, le vieux pont de bois, grâce aux deniers de la fabrique Saint-Germain et à un don de 500 livres de monseigneur le duc d’Orléans. Le carrefour de la porte d’Étampes s’ouvre après le pont.














La ville




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Dourdan sur la base Mérimée 

Un document sur la ville  

Chronique d'une ville Dourdan
https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique




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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

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