lundi 8 octobre 2018

Le siège et l'enceinte de Château Gaillard














Les Andelys, commune du département de l'Eure, est située sur la rive droite de la Seine, elle se trouve encaissée dans la vallée du Gambon, au cœur de l'une des boucles de la Seine. La ville appartenait jadis aux archevêques de Rouen, mais elle fut cédée le 16 octobre 1197 au duc de Normandie Richard Cœur de Lion.
En arrière de Vernon et des premiers points fortifiés sur l'Epte, tombés en partie aux mains du roi de France, en face de Gaillon conquis lui aussi par les Français, Richard Cœur de Lion lance la construction de Château-Gaillard en 1196. Cette place, un bastion imprenable défendant la vallée et ses alentours, fait face là, à quinze kilomètres en contrebas, plus au Sud, sur une boucle de la Seine, à la vallée de l'Epte qui faisait office de "frontière" entre le Royaume de France et le Duché de Normandie.







Localisation : 27700,  Les Andelys, 
département de l'Eue

Région : Normandie

Construction : XIIe siècle









En arrière de Vernon et des premiers points fortifiés sur l'Epte, tombés en partie aux mains du roi de France, en face de Gaillon conquis lui aussi par les Français, Richard Cœur de Lion lance la construction de Château-Gaillard en 1196 sur une falaise de craie surplombant la vallée de la Seine. Les Andelys sont organisés en verrou défensif pour bloquer toute tentative d'invasion de la Normandie par le roi de France, Grand-Andely est fortifié, le Petit-Andely aussi, on trouve également une série d'ouvrages dans la zone inondée entre les deux parties des Andelys et sur la rive gauche, ainsi qu'un pont fortifié sur l'île du Petit-Andely. Le château constitue le point fort de ce système défensif. Sa position sur la falaise est considérée comme inexpugnable. Pour empêcher toute descente du fleuve par la flotte française, Richard fait planter trois rangées de pieux dans le lit de la Seine en contrebas. La construction de Château-Gaillard aurait duré un an et, selon la légende, Richard Cœur de Lion aurait déclaré en 1197 : « Qu'elle est belle, ma fille d'un an. », bien qu'en réalité elle se soit seulement étalée sur près de deux ans, et il serait aussi l'auteur de : « Que voilà un château gaillard ! », même si l'appellation est commune pour désigner un château à l'époque



Le siège du château et sa critique

 Le château Gaillard, citadelle d’un vaste ensemble de fortifications étudié et tracé de main de maître, que Philippe-Auguste, armé de toute sa puissance, avait dû employer huit mois pour le réduire, et qu’enfin Jean sans Terre n’avait fait qu’une tentative pour le secourir.
 Au mois de février 1204, Philippe-Auguste, qui sait que la garnison du château Gaillard conserve encore pour un an de vivres, « impatient en son cœur, » se décide à entreprendre un siège en règle. Il réunit la plus grande partie de ses forces sur le plateau dominant. De là il fait faire une chaussée pour aplanir le sol jusqu’au fossé en avant de la tour. « Voici donc, du sommet de la montagne, jusqu’au fond de la vallée et au bord des premiers fossés, la terre enlevée à l’aide de petits hoyaux, et reçoit l’ordre de se défaire de ses aspérités rocailleuses, afin que l’on puisse descendre du haut jusqu’en bas. Aussitôt un chemin, suffisamment large et promptement tracé à force de coups de hache, se forme à l’aide de poutres posées les unes à côté des autres et soutenues des deux côtés par de nombreux poteaux en chêne plantés en terre pour faire une palissade. Le long de ce chemin, les hommes, marchant en sûreté, transportent des pierres, des branches, des troncs d’arbres, de lourdes mottes de terre garnies d’un gazon verdoyant, et les rassemblent en monceaux, pour travailler à combler le fossé… Bientôt s’élèvent sur divers points (résultat que nul n’eût osé espérer) de nombreux pierriers et des mangonneaux, dont les bois ont été en peu de temps coupés et dressés, et qui lancent contre les murailles des pierres et des quartiers de rocs roulant dans les airs. Et afin que les dards, les traits et les flèches, lancés avec force du haut de ces murailles, ne viennent pas blesser sans cesse les ouvriers et manœuvres qui, transportant des projectiles, sont exposés à l’atteinte de ceux des ennemis, ont construit entre ceux-ci et les remparts une palissade de moyenne hauteur, formée de claies et de pieux, unis par l’osier flexible, afin que cette palissade, protégeant les travailleurs, reçoive les premiers coups et repousse les traits trompés dans leur direction. D’un autre côté, on fabrique des tours, que l’on nomme aussi beffrois, à l’aide de beaucoup d’arbres et de chênes tout verts que la doloire n’a point travaillés et dont la hache seule a grossièrement enlevé les branchages ; et ces tours, construites avec les plus grands efforts, s’élèvent dans les airs à une telle hauteur, que la muraille opposée s’afflige de se trouver fort au-dessous d’elles… « À l’extrémité de la Roche et à l’Est (sud-est), une tour était élevée, flanquée des deux côtés par un mur qui se terminait par un angle saillant au point de sa jonction. Cette muraille se prolongeait sur une double ligne depuis le plus grand des ouvrages avancés et enveloppait les deux flancs de l’ouvrage le moins élevé. Or voici par quel coup de vigueur nos gens parvinrent à se rendre d’abord maîtres de cette tour. Lorsqu’ils virent le fossé à peu près comblé, ils y établirent leurs échelles et y descendirent promptement. Au pied du rocher par lequel on arrivait à cette citadelle un pont était taillé dans le roc vif, que Richard avait fait ainsi couper autrefois, en même temps qu’il fit creuser les fossés. Ayant fait glisser une machine sur ce pont, les nôtres vont, sous sa protection, creuser au pied de la muraille. Si nous avons donné à peu près en entier la description de ce siège mémorable écrit par Guillaume le Breton, c’est qu’elle met en évidence un fait curieux dans l’histoire de la fortification des châteaux. Le château Gaillard, malgré sa situation, malgré l’habileté déployée par Richard dans les détails de la défense, est trop resserré ; les obstacles accumulés sur un petit espace devaient nuire aux défenseurs en les empêchant de se porter en masse sur le point attaqué. Richard avait abusé des retranchements, des fossés intérieurs ; les ouvrages amoncelés les uns sur les autres servaient d’abri aux assaillants, qui s’en emparaient successivement ; il n’était plus possible de les déloger ; en se massant derrière ces défenses acquises, ils pouvaient s’élancer en force sur les points encore inattaqués, trop étroits pour être garnis de nombreux soldats. Contre une surprise, contre une attaque brusque tentée par un corps d’armée peu nombreux, le château Gaillard était excellent ; mais contre un siège en règle dirigé par un général habile et soutenu, par une armée considérable et bien munie d’engins, ayant du temps pour prendre ses dispositions et des hommes en grand nombre pour les mettre à exécution sans relâche, il devait tomber promptement du moment que la première défense était forcée ; c’est ce qui arriva. Il ne faut pas moins reconnaître que le château Gaillard n’était que la citadelle d’un vaste ensemble de fortifications étudié et tracé de main de maître, que Philippe-Auguste, armé de toute sa puissance, avait dû employer huit mois pour le réduire, et qu’enfin Jean sans Terre n’avait fait qu’une tentative pour le secourir.




Le château Gaillard en chiffres 

Longueur : 200 m
Largeur : 80 m
Altitude : environ 100 m (celle de la Seine se trouvant à 10 m)
Coût : 45 000 livres pour l'ensemble du programme de fortification (château avec les avant-postes, le pont sur la Seine et le bourg de la Couture), l'équivalent de la solde annuelle de 7 000 fantassins. 
Poids : 4 700 tonnes de pierre
Donjon : 8 m de diamètre intérieur, 18 m de hauteur 
Murailles : 3-4 mètres d'épaisseur 











La ville

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Une reconstitution du château








































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