vendredi 11 mai 2018

Auxerre, L'enceinte Gallo-romaine et l'enceinte du XIIe siècle.
























 L'étendue fort restreinte des vieux murs gallo-romains ne doit pas diminuer la valeur de leurs vestiges bien dénaturés et amoindris par des remaniements successifs. La fortification fut devenue urgente, on chercha naturellement quel emplacement elle pouvait le mieux entourer et défendre. On choisit le sommet de la longue colline occupée en partie par la vieille ville gauloise. Cette colline s'abaissant brusquement vers la rive gauche de l'Yonne s'abbaissait également sur ses deux côtés les plus longs; au sud vers la vallée de Vallau et au nord sur un versant d'une assez forte dépression de terrain.
Le quatrième et aussi le plus petit côté de l'enceinte faisait face à l'ouest et se trouvait de niveau avec le terrain environnant. Aussi n'est-il pas douteux qu'un fossé profond ne fut creusé de ce côté de la muraille défendue par deux tours d'angles. Deux autres tours centrales furent établies dans la courtine à droite et à gauche d'une porte sur les fondations de laquelle on reconstruisit au moyen-âge une arcade qui mérite d' appeler l' attention des archéologues. Ce petit côté de l' enceinte n' avait que 126 mètres de longueur. Des petites rues se sont établies sur le sommet du terre plein des fossés creusés en avant et à la base du mur antique. Ce fossé tournant, presque à angle droit au pied d' une grosse tour dite d'orbandel se réunissait à une vaste étendue d' eau appelée Etang de Saint-Vigile du nom d' une très ancienne église située près de là et qui remplissait le fond de la dépression de terrain dont nous avons parlé précédemment. Les limites de cet étang, dont le centre est occupé aujourd' hui par de nombreux et beaux jardins aux épaisses charmilles et aux brillantes corbeilles de fleurs, sont indiquées par la longue rue du Champ et par celle des Grands jardins toutes deux réunies par une petite rue nommée des Trois Maries, celle-ci formait, à la limite de la partie plane du sol, une digue chaussée ou barrage destiné à maintenir à une certaine élévation le niveau des eaux, lesquelles offraient par leur et leur profondeur, un puissant moyen de défense. En jetant les yeux sur notre plan on reconnaîtra une longue rue traversant du midi au nord le milieu de la ville actuelle et faisant un détour ou courbe assez prononcée devant l' ancienne porte de l'horloge, le détour est motivé par la forme arrondie que prenaient de ce côté de la ville les fossés antiques alimentés ou remplis d' eau par l' étang de Saint- Vigile. Cette même rue que nous avons un peu élargie et bordée d' une forte ligne ponctuée est la grande voie romaine allant de Sens à Nevers, elle portait les nombreuses dénominations suivantes le long de son parcours; Rues Saint Siméon, de la Croix de Pierre, de la Cloche Bleue, de la Draperie, des Belles Filles de la Monnaie et de l'hôpital. Si le côté nord de l' enceinte présente une longueur de 1102 mètres, le côté sud ne mesure que 356 mètres et se termine à une tourelle dite de Saint-Pancrace, laquelle n' offre plus aucun caractère d' antiquité sous un crépis tout neuf. La rue sous-Murs longe à une certaine distance la muraille antique bâtie sur la ligne de faite de l'escarpe qui peinent de ce côté de la colline. Deux autres rues (dont celle des AuLx ou des Eaux) touchent à la rue des Neiges et à celle de Fromenteau, elles bordent la muraille d' enceinte, une entrée faite durant le moyen-âge conduisait à la vallée ou plutôt au pont d' Yonne. Nous ne pensons pas que cette porte qui est désignée durant le moyen-âge sous le nom de Féchelle ou Fécaut, date de la construction gallo-romaine où alors ce n' était qu' une étroite poterne qui fut agrandie postérieurement. La raison est celle-ci; c' est que le peu d'étendue de l' enceinte romaine repoussait un trop grand nombre d' ouvertures. Mais vers le XIe siècle, la population ayant augmentée, on éventra la muraille pour établir une communication directe et fort suivie entre le quartier bas et le quartier haut. Cette rue, toujours très fréquentée, offre un aspect fort pittoresque. Il n' y eut qu' une porte principale établie dans la muraille ouest, une seconde porte ou seulement poterne, dans celle de l' est longeant la rive de l' Yonne aboutissait directement à la fontaine dite d' Amour et aussi à l' ancien pont gaulois réduit à l' état de digue ou barrage destiné à maintenir aux abords de ce côté de la cité romaine une certaine profondeur d' eau. Depuis la construction des grands chemins dans la Gaule, un pont nouveau avait dû être construit en avant de l' ancien pont gaulois pour le passage de la grande voie de Lyon à Boulogne-sur-Mer. On reconnaîtra, en mesurant les dimensions restreintes des murs gallo-romains d' Auxerre que ce ne fut jamais là l' enceinte d' une ville, mais seulement un lieu fortifié destiné à pouvoir servir de refuge durant un certain temps à la population résidant habituellement en dehors de cette muraille et notamment dans la fertile vallée arrosée par le cours d' eau de Vallan. L' enceinte fortifiée d' Orléans, bâtie à la même époque que la nôtre, dans des conditions semblables, offre une forme presque carrée comme la nôtre également, à la rive droite de la Loire vers le centre de la ville et n occupant environ que la sixième partie de la surface de la ville actuelle et présente une grande analogie avec celle d' Auxerre.  A Orléans, de même encore qu' à Auxerre, et aussi dans un grand nombre de villes, l' église principale, la cathédrale est bâtie en dedans de l' enceinte antique et non en dehors. Nos premiers évêques ont invariablement cherché à construire leur église épiscopale hors des atteintes toujours redoutées des invasions. Aussi l' abbé Lebeouf dit-il en propres termes dans son Histoire d' Auxerre que Saint-Amâtre évêque d' Auxerre, voyant que l' église consacrée du temps de Saint-Pélerin ne pouvait plus contenir le nombre des fidèles, trouva le moyen de se faire céder un grand corps de logis situé dans l' enceinte de la nouvelle cité.

Les quartiers de la ville restés en dehors du mur d' enceinte romain subirent de longues et cruelles vicissitudes durant les invasions et les guerres. Incendiés et rebâtis à diverses époques, on sentit enfin la nécessité de défendre contre des attaques sans cesse renaissantes les habitants qui peu à peu avaient abandonné le fond de la vallée pour se grouper aux abords de la cité fortifiée et constituer, par cela même, l' actuelle des habitations.
Vers 1170, il fallut refaire faveur de la population du moyen-âge ce qu' on avait fait de neuf siècles auparavant pour Auxerre gallo-romain, une longue et forte muraille d' enceinte défendue par des tours nombreuses et des fossés larges et profonds. De même que la première, on appuya la nouvelle muraille à la rive gauche de l' Yonne, en, par un large demi-cercle de l' abbaye de Saint-Germain à l'abbaye de Saint-Eusèbe, de l' abbaye de Saint-Pierre en vallée, enfin, plus au sud, encore la tête pont construite par les romains. Du point élevé l'on peut très facilement suivre le contour de l' enceinte construite au XIIe siècle. Une large et haute enceinte de verdure dessine d' une manière fixe la forme actuelle de la ville tracée sur un sol ondulé montant se réunissant au versant d' une longue colline au sommet de laquelle une tour ronde et  l'ancien moulin à vent de Saint-Georges s' élèvent isolément. La tour de Saint-Georges, éloignée de 2,800 mètres en ligne directe à vol d oiseau, est haute de 112 mètres au-dessus du niveau moyen de l' Yonne, au pont d' Auxerre. Les édifices militaires de la ville se situent dans la direction du nord-ouest le long de l' ancienne grande route de Paris, à droite et plus près de nous, la haute tour de l'abbaye Saint-Germain et les vastes constructions qui en dépendent.


Histoire et recherche sur la ville




L'enceinte gauloise à lire page 42 














La ville




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Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee


 Des documents sur l'enceinte, la ville:

A l'ombre des remparts, 1600 ans d'évolution urbaine

 Un très bon document sur le patrimoine de la ville 

 Auxerre (Yonne), bâtiments du porche situé au-dessus de la rue du Quatre-Septembre. Du castrum Gallo-romain aux structures défensives et d'habitation médiévales. https://journals.openedition.org/cem/341




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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr

Le monde des châteaux
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr



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Le tourisme Yonne




























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