dimanche 6 mai 2018

Auxerre, l'enceinte Romaine



























Cette forteresse antique n' est pas détruite entièrement, on voit encore ses hautes murailles et quelques-unes de ses vieilles tours. Elle est bâtie sur une colline, au-dessus de la ville gauloise, entre le port de la rivière d' Yonne et l' ancienne voie de Paris à Autun. Elle est au centre de l' enceinte du douzième siècle. Sa figure est celle d' un polygone irrégulier de 1,100 mètres de développement. Le rempart suit le contour de la colline, il est presque partout en terrasse. Cette disposition était avantageuse pour la défense. On pouvait opposer à l' ennemi un plus grand nombre de combattants. On pouvait le combattre avec les machines de guerre dont les anciens se servaient pour rompre ou pour harponner le bélier, pour lancer des traits, des pierres et des matières inflammables sur les assiégeants.
Les murs avaient environ deux mètres d' épaisseur, ils étaient défendus par onze tours placées dans les angles et dans les endroits les plus exposés. La grosse tour, bâtie sur le point culminant de l' enceinte, en face de la rue Sainte-Catherine, était la citadelle. Sa base existe encore, elle a vingt-deux mètres de diamètre, les autres tours ont de cinq à six mètres de diamètre, elles sont remplies de maçonnerie jusqu' à la hauteur du parapet. Une partie de rempart située contre la tour sur laquelle on a établi en 1483 l' horloge de la ville n était pas en terrasse, on lui a donné une grande hauteur et on y a construit quatre tours très rapprochées. Cette place forte avait deux portes; l' une, la principale, se trouvait sur l' ancienne voie de Paris à Autun, l' autre était à l' extrémité de la rue Frécauderie, près de la rue des Boucheries, elle conduisait à l' ancienne ville gauloise. On l' appelait la porte Frécaut. La voie qui réunit ces deux portes partage l' oppidum (agglomération protohistorique généralement fortifiée, -2500av JC à -700 av JC)en deux parties distinctes la place forte et la citadelle ou le château. Deux poternes situées l'une dans la rue du Département, l'autre dans la rue Saint-Pancrace, menaient au port de la rivière d'Yonne. Cette enceinte est fondée sur une roche calcaire. La maçonnerie des murs et des tours est une maçonnerie de béton faite avec des pierres cassées à la grosseur du poing, posées et battues dans un bain de mortier, de chaux vive et de ciment au moyen d'encaissements mobiles en planches. C'est une maçonnerie d' une très grande solidité qui est revêtue d'un enduit en mortier, de ciment ou d'un parement en petits moellons. On y remarque aussi quelques assises en grosses pierres de taille posées irrégulièrement dans les fondations, dans les portes et dans les places destinées à des monuments. Les unes forment un socle d'une assise, les autres composent un soubassement de plusieurs assises. Il a été compté onze assises superposées près de la porte Frécaut, sept près de la Grosse Tour, cinq près ds la tour Saint-Pancrace. Ces grosses pierres de taille que César appelle grandia saxa, sont tirées des carrières de Mailly, la Ville situées à trente kilomètres environ d'Auxerre. Elles étaient inutiles pour la construction de murs en béton qui sont presque indestructibles. Elles proviennent évidemment d'une enceinte gauloise antérieure à l'enceinte gallo-romaine qui était à la même place. Cette maçonnerie de béton se retrouve dans la plupart des édifices antiques de Rome. On est étonné, dit Rondelet, lorsqu'on parcourt les ruines des anciens édifices de Rome de voir qu'ils ont presque tous été construits avec des petites pierres informes qui n'excèdent pas la grosseur du poing et que nous rebuterions pour nos constructions les plus communes. C'est cependant de cette manière qu'ont été bâtis le palais des empereurs, la maison dorée de Néron, qui en faisait partie, le temple de la Paix, le Panthéon d'Agrippa, les Thermes, les Cirques, les Naumachies, la plus grande partie des théâtres et des amphithéâtres. Traité de l'Art de Bâtir t I p 342. Le revêtement extérieur de l'enceinte présente des dégradations qu' on ne peut attribuer ni aux effets des guerres, ni aux injures du temps. On a mutilé et renversé tous les monuments de l'idolâtrie romaine qui se trouvaient sur cette enceinte et, pour qu'il n'en restât aucune trace apparente, on a retourné dans l'épaisseur de la muraille antique, les faces des pierres qui portaient des figures ou des inscriptions, mais on n'a pas démoli et retourné les dates consulaires, les inscriptions politiques, elles, n'ont pas cessé de faire corps avec la maçonnerie de béton. La tour d'Orbandel, qui portait dans sa partie supérieure un corps de garde voûté, était en maçonnerie de béton d'une dureté extraordinaire, sa fondation, sous le pavé de la rue d'Orbandel, existe encore. Cette fondation avait un revêtement circulaire en pierres de taille. C'est sur l'une de ces pierres qu'on lisait les noms des consuls; Hirtius et Pansa, en l'examinant il n'y eut aucun doute sur l'authenticité de cette inscription constatée par les savants du dix septième siècle. Il ne pouvait y avoir, dans ce revêtement circulaire, que des pierres de taille taillées pour sa construction.


 Lire la suite fin de la page 42 https://books.google.fr/books












La ville




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Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee


 Des documents sur l'enceinte, la ville:

A l'ombre des remparts, 1600 ans d'évolution urbaine

 Un très bon document sur le patrimoine de la ville 

 Auxerre (Yonne), bâtiments du porche situé au-dessus de la rue du Quatre-Septembre. Du castrum Gallo-romain aux structures défensives et d'habitation médiévales. https://journals.openedition.org/cem/341




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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr

Le monde des châteaux
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr



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Le tourisme Yonne


















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