lundi 18 juin 2018

L'enceinte de Saint-Quentin

























La ville est la capitale de la Haute-Picardie, elle est située au cœur du Vermandois, au Nord-Ouest du département de l'Aisne. Saint-Quentin, assise sur la Somme, peu après la naissance de celle-ci à Fonsomme, est blottit entre deux entités, Guise et Ham et à 30 kilomètres au Nord de Laon. Capitale du comté de Vermandois, Saint-Quentin fut dotée dès le IX-Xe siècle de fortifications qui restèrent en place durant des siècles.




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 Localisation : 02 100, Saint-Quentin, département de l'Aisne



Région : Hauts-de-France


Construction :   Xe siècle




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À partir du IXe siècle, Saint-Quentin est la capitale du comté de Vermandois. Dès le Xe siècle, les comtes de Vermandois (issus de la famille carolingienne, puis capétienne) sont très puissants. La ville se développe rapidement : les bourgeois s'organisent et obtiennent d’Herbert IV de Vermandois, avant 1080, une charte communale qui leur garantit une large autonomie. Au début du XIIIe siècle, Saint-Quentin entre dans le domaine royal. À cette époque, c'est une ville florissante, en raison de son activité textile (ville drapante). C'est aussi une place commerciale favorisée par sa position à la frontière du royaume de France, entre les foires de Champagne et les villes de Flandre (commerce du vin, notamment) : il s'y tient une importante foire annuelle.
Entre la fin du XVe siècle et jusqu'au milieu du XVe siècle, cette position stratégique est source de terribles malheurs. En 1557, un siège héroïque face aux Espagnols se termine par une terrible défaite des forces françaises et le pillage de la ville. Restituée à la France en 1559, elle connaît une activité de fortification intense : l'enceinte médiévale est protégée de nombreux ouvrages fortifiés, remaniés à plusieurs reprises. Deux quartiers sont rasés pour leur faire place. Au milieu du XVIIe siècle, la ville échappe aux sièges, mais subit les affres des guerres qui ravagent la Picardie, accompagnées de la peste (celle de 1636 emporta trois mille habitants, sur peut-être dix mille) et de la famine.
L' examen dressé en vue d' une étude sur les origines de Saint-Quentin fait reconnaître la forme d' une vieille enceinte fermée au Sud et à l' Ouest par la Somme, par des marais et des fossés au Nord et à l Est, par un mur fortifié, qui tout relativement moderne qu' il paraisse et qu' on le sache, dut succéder à un rempart romain. Une ville qui fut, quelques soient les divergences d' idées des écrivains, la capitale de la tribut importante des Véromanduens, lesquels, avec les Vélocasses, purent envoyer dix mille combattants contre César. Une ville à laquelle aboutirent à la fois cinq grandes chaussées romaines abordant une très forte position stratégique dut être occupée solidement et pourvue, par conséquent, de fortications respectables.


L'enceinte

 Initialement l'enceinte n'est pas continue : elle s'interrompt au niveau de la vallée marécageuse de la Somme, considérée comme une défense suffisante. Elle entoure complètement la cité à l'Est et au Nord. À l'Ouest, la muraille s'interrompt au niveau des zones humides, soit aux deux tiers de la longueur. Elle reprend sur la rive gauche, pour protéger le quartier d'Isle. La période de construction de ce premier périmètre n'est pas exactement déterminée. Néanmoins, sa grande superficie, 100 à 110 ha, ne permet pas de lui assigner une datation haute. La charte de 1195 évoque des travaux de fortification. Le début du chantier est donc antérieur à la fin du XIIe siècle. Il s'est apparemment poursuivi jusqu'au milieu du XIIIe siècle au moins (l'enceinte du Castel est encore mentionnée au début du XIIIe siècle). L'étendue de la zone enclose n'est pas connue avec précision : la topographie au niveau des vallées de la Somme et du Gronnard, a été très bouleversée par les aménagements défensifs des XVIe et XVIIe siècles. Vers 1570-1580, l'angle Sud-Est de la ville haute a été complètement rasé et retranché du reste de la cité par un large fossé oblique, d'où son appellation : le Coupement. En 1640-1642, dans le quartier de Pontoiles ou Saint-Nicaise, à l'Ouest, quatre-vingt dix maisons et une blanchisserie ont été abattues pour faire place au grand bastion de Saint-Louis et à l'ouvrage à cornes de la porte Saint-Martin. Quelques maisons et l'église ont été épargnées autour de l'axe principal, la rue Saint-Martin. Dans le premier cas, on ne dispose que du plan scénographique de 1557, précis mais très déformé. Pour le second secteur, cette vue peut-être complétée par des plans du XVIIe siècle, dont un d'une grande précision (BN Estampes, Ge DD 5696).

Les fortifications modernes ont englobé les courtines médiévales. Cette enceinte se développe sur 3400 m environ de longueur (2800 m au Nord de la Somme, 600 m au Sud). La courtine est renforcée par une quarantaine de tours majoritairement semi-circulaires et six portes permettent de la franchir : Remicourt, à l'est; Belle Porte, au nord-est; Vieux Marché, au nord- ouest; Pontoiles, à l'ouest; Mayeure, au sud-ouest; d'Isle, au sud-est. L'écartement des tours est relativement régulier, mais varie d'un segment de rempart à l'autre. Au nord-ouest, jusqu'au saillant de la Belle Porte, les tours sont assez régulièrement espacées d'une quarantaine de mètres. À l'ouest, au nord du quartier de Pontoile, elles sont plus irrégulièrement disposées et plutôt plus serrées. Au sud de ce même quartier, la distance est au contraire plus grande, 100 m et plus. Il en est de même autour de la Belle Porte. Autant qu'on puisse en juger d'après des décrochements pouvant correspondre aux tours disparues, observés sur le seul tiers nord et le nombre de tours représentées sur le plan cavalier de 1557, la courtine orientale présenterait un espacement intermédiaire : 70 m environ. À partir de 1339, la guerre impose des travaux de réfection, puis la fermeture progressive de l'enceinte au sud et au sud-ouest de la haute ville. Un document qui organise la défense des murs, permet de bien connaître l'état des fortifications à cette date. Les premiers travaux consistent à recreuser et élargir le grand fossé qui longe l'agglomération au sud, le Bié (c.-à-d., le bief) aussi appelé Kanel. Les angles de l'enceinte, à proximité du Bié, sont renforcés par deux grosses tours : Tour à l'Eau, à Test, Tour de Fust (carré, en bois) à l'ouest, plus tard remplacée par une tour de pierre, Tour-Y-Val, c.-à-d., «au val». Vers 1380, la muraille sur le côté ouest de la ville est fermée jusqu'à la Tour de Fust. Ces travaux font disparaître des sources du quartier des Fontaines, qui ressurgissent à l'extérieur. On peut y accéder par la poterne Sainte-Catherine, ainsi qu'au quartier des teinturiers, coupé de la cité par les fortifications. Dans le même temps, la courtine sud, entre les deux grosses tours et le long du Bié, est commencée : la porte au bas de la rue d'isle (Petit Pont appelée ensuite d'isle) existe dès la fin du XIVe siècle (1384 : ...nouvelle porte du Petit Pont...). Cependant, la muraille n'est pas achevée avant la fin du XVe siècle. La poterne du Petit Pont est aménagée au milieu de sa longueur.

Lire la suite sur page 85 https://www.persee.fr/doc/pica


Sous le règne de Louis XIV, la ville fut fortifiée par les habitants et par Vauban. Elle cessa alors d'être en guerre.


A son origine, Saint-Quentin est divisée entre le Castellum ou bourg de Saint-Quentin et Augusta, la ville romaine. Les murailles du bourg se dressaient sur l’emplacement des actuelles rues Croix-BellePorte, du Gouvernement, de la Sous-Préfecture et de la Sellerie ; elles coupaient la place de l’Hôtel-de-Ville. Deux portes s’ouvraient dans l’enceinte, nommées ensuite porte Fréreuse et porte SaintAndré. Vers 885, le comte abbé Teurick ou Thierry entoura la ville nouvelle d’une seule enceinte. Elle protégeait à la fois le Castellum ou bourg de Saint-Quentin et Augusta, la ville d’origine romaine. En 898, Baudoin, comte de Flandres la détruisit. Enfin, en 935, les Lorrains prirent la ville et rasèrent les fortifications. Elles furent reconstruites, endommagées maintes fois ou abattues au cours des siècles qui suivirent. En 1559, les bastions commencés par les Espagnols furent achevés par les Français. Ils prirent les noms de bastion du Roi et de bastion de la Reine.
Les archives révèlent les difficultés financières de la ville : la royauté exige que les fortifications soient entretenues aux frais des bourgeois. Ceux-ci répondent très respectueusement qu’ils manquent d’argent pour ces travaux. Par exemple, les réparations à affectuer aux fortifications de 1759 à 1760 coûteraient 2.018 livres ; la Municipalité ne dispose que de 1.000 livres. Elle écrit :  La maîtrise des ouvrages n’est pas en état de faire les avances d’une pistole ... Avec la misère générale, les ouvriers sont hors d’état d’attendre pendant un an leurs façons et avances à leurs compagnons, ceux qui fournissent les briques, chaux, sable, pierres et bois ne sont qu’au jour le jour. La Municipalité demande l’autorisation d’utiliser les revenus de l’octroi pour le paiement des travaux. Au XVIIIe siècle, la frontière s’éloigna de Saint-Quentin. Les fortifications ne subirent alors que peu de transformations et d’entretien. Leurs talus servirent parfois de potagers. Sous Louis XIII, les fortifications obsolètes sont renforcées par des boulevards, bastions, ouvrages à cornes, fossés, retranchements, lunes et demi-lunes.

 A Saint Quentin, sous le nom de Districus Augustae, le Détroit d' Aouste conservé jusqu' en plein XVIIe siècle à la partie méridionale de la ville actuelle entre la Somme et les anciennes paroisses de Saint-Thomas, Sainte-Catherine et Saint-Martin, cette partie de la ville de Saint-Quentin ayant d' ailleurs toujours fourni des vestiges d' antiquité romaine; poteries rouges et dessinées fragments d' un grand dolium fibules, mur de petit appareil dans une citerne de la rue de l' Arquebuse, monnaies romaines de bronze et d' or etc... En dehors aussi des hypothèses, l' histoire locale sait que dans une réparation faite à la fin du XVIe siècle sur les ordres de M de Longueville, gouverneur de Picardie aux fortifications de Saint-Quentin. On retrouva au nord de la place et en creusant les fondations du bastion dit depuis de Longueville, de grands fondements composés de brocailles noyées dans un ciment très dur et du sein duquel sortirent des médailles et monnaies romaines. En 1624 en construisant des demi-lunes auprès du corps de garde de la porte du quartier Sainte Marguerite les fouilles mirent à jour les fondations d' une épaisse muraille et des monnaies romaines encore celles-ci prouvant sans conteste que ce rempart antique n' était pas celui que construisit le comte carlovingien Thierry en 885. Une vieille muraille noircie par le feu, toujours avec des indices romains, apparut encore en 1640 sur d' anciens terrassements solidement établis entre les bastions Richelieu et Longueville sur le front nord de la place. En voilà assez pour prouver que Saint-Quentin eut son enceinte romaine et fortifiée comme Laon et Soissons en possédèrent.













La ville




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Saint-Quentin sur la base Mérimée 

Laissez-vous conter Saint-Quentin 
http://www.saint-quentin.fr/104-laissez-vous-conter

La ville sur le site Persée
 https://www.persee.fr/doc/pica

Une notice du XIXe siècle sur la ville
https://books.google.fr/books

Les comtes de Vermandois
http://www.genealogie-aisne.com



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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
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Le monde des châteaux
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 Tourisme Aisne
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Fresque du siège de la ville 


























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