vendredi 11 septembre 2015

Architecture militaire du moyen-âge en Normandie


















Le premier âge des châteaux-forts au XIe siècle est celui des enceintes castrales et des mottes féodales. Ces constructions de terre, de bois et de torchis offrent un refuge temporaire et permettent une surveillance efficace du domaine.
A la fin du XIe siècle et surtout au XIIe siècle, sous l’effet de l’amélioration des engins de siège, un nouveau type de fortification s’impose. Le donjon roman, avec son plan carré et ses dimensions massives constitue la pièce maîtresse du dispositif fortifié.
Le donjon de Domfront passe ainsi pour être le plus ancien conservé en Normandie tandis que celui plus tardif de Chambois impose encore ses formes généreuses. Cette époque voit aussi l’apparition de gros donjons polygonaux (Gisors) et cylindriques (Bonneville-sur-Touques, Château-sur-Epte, Verneuil, Vernon). C’est alors que le château ajoute à ses constructions une résidence seigneuriale, Henri Ier s’avérant l’initiateur inspiré d’une architecture palatiale nouvelle.
Le château de Caen renferme ainsi encore la grande aula du duc-roi dont le rez-de-chaussée est réservé aux fonctions domestiques et l’étage noble aux réceptions et conseils royaux.

A la fin du XIIe siècle, le perfectionnement des techniques militaires oblige à modifier l’organisation du château en multipliant les enceintes successives, tout en resserrant le dernier périmètre défensif du donjon. Pirou, Gisors et Château-Gaillard préfigurent le troisième âge des châteaux forts…

 Le rattachement de la Normandie s’opère en peu de temps. Il est illustré par le siège et la reddition de Château-Gaillard puis par l’occupation des principales villes et forteresses, Philippe Auguste, grand rassembleur de terres, parvenant sans peine à briser les forces de Jean sans Terre. Cette conquête est suivie d’un réajustement des structures administratives. Philippe Auguste quadrille sa conquête d’un nouveau type de forteresses bâties sur des plans géométriques simples, dotées de grosses tours.
A Rouen, Caen, Gisors ou Vernon, il matérialise ainsi sa domination en marquant la terre de son empreinte personnelle. Si le roi de France conserve les institutions locales, il les confie désormais à des hommes dévoués, recrutés dans la petite noblesse. Les baillis, représentants du roi sur leur ressort et chargés d’appliquer la Grande coutume de Normandie, font leur apparition tandis que les charges diverses augmentent.

Architecture de l'Angleterre Normande:
La fonction de la « motte and bailey », motte castrale doit avoir été fort différente de celle que l'art militaire assignait au gros donjon de pierre. L'autonomie de celui-ci, capable d'abriter d'énormes réserves, était sans commune mesure avec les capacités de résistance de la tour de bois. L'un et l'autre type, d'ailleurs, coexistèrent bien longtemps en Normandie. Il serait utile de comparer notamment les sites où ils furent implantés, et de chercher à préciser le rôle de l'un et de l'autre dans le duché au xr\ Le gros château de pierre, pourvu qu'il fût bien ravitaillé, était quasiment imprenable. Il a gardé, d'ailleurs, ce rôle de forteresse-refuge, jusqu'à la fin du moyen âge : témoins les énormes silos à vivres -qui furent, au xnr et au xivc siècles, construits dans plusieurs enceintes de ce type. Est-ce à dire, pourtant, que la fonction du gros donjon de pierre fut « exclusivement passive » (p. 110) ? On sait que dans son périmètre était souvent basée une troupe de cavaliers, capable de redoutables raids offensifs. Dans la stratégie et la tactique de Guillaume le Conquérant, déjà, le château de pierre est utilisé aussi bien dans l'attaque que dans la défense.
La chronologie des fortifications circulaires comporte, de son côté, de bien difficiles problèmes. Le donjon rond se répand en Angleterre à l'époque (fin xne - début xme siècle) où s'affirme « une manière de science de la fortification, remplaçant les méthodes empiriques qui avaient prévalu dans le passé » (p. 111). Il tombe sous le sens que la tour circulaire permettait une notable économie de matériaux, assurait un excellent flanquement et supprimait les angles, si vulnérables aux projectiles de' gros poids. Comment, dès lors, ces avantages ne s'imposèrent-ils pas plus vite ? Le plan circulaire fut expérimenté en Normandie dès la fin du xi" siècle : le donjon qui subsiste encore à Château-sur-Epte n'est peut-être pas celui que construisit Guillaume le Roux vers 1190-1195 ; mais celui-ci en avait déjà certainement le plan circulaire, et se trouvait entouré, à très faible distance, d'une chemise concentrique à lui. Et pourtant, un quart de siècle après, Henri Beauclerc fera édifier une importante série de forteresses quadrangulaires ; or, de l'une de celles-ci, au moins, celle de Caen, le plan n'était point imposé par la présence d'un donjon antérieur élevé sur le même site.


La motte castrale:

La motte était entourée d’une palissade et protégée par une deuxième enceinte de Jessés moins profonds. D‘autres palissades et alignements de piquets aiguisés protégeaient les logements des chevaliers de la garnison, leur chapelle, les écuries et les bâtiments d’exploitation.
 On utilisait les matériaux pris sur place (terre et bois). Les charpentiers étaient les seuls ouvriers spécialisés. Il fallait seulement vingt journées à une centaine de travailleurs pour la construction d’une motte de 30 mètres de diamètre et de 15 mètres de haut. En raison de l’insécurité et de la facilité que les hommes avaient pour les construire, beaucoup de mottes ont été édifiées. Elle avait deux fonctions prédominantes. Elles servaient de refuge pour les seigneurs qui étaient de grands guerriers à cette époque et elles symbolisaient la domination sur les terres et sur les hommes.




Histoire des châteaux-forts


L'architecture militaire au moyen-âge


Le château de Falaise, un historique du Néolithique au XXIe siècle




Châteaux, châteaux-forts, donjons leurs racines...


Le monde des châteaux






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Chambois



Château-sur-Epte



Château Gaillard



Harcourt


Vernon






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