dimanche 28 janvier 2018

L'enceinte de Noyon






























Noyon est une commune française située à la confluence des vallées de l’Oise et de la Verse, ville d'art et d'histoire placée entre Saint-Quentin et Compiègne, pratiquement à la limite du département de l'Oise, à son nord-est, proche de Saint-Gobain un peu plus loin vers l'est. Entourée de terres boisées et agricoles, Noyon, au tout début de notre ère s'entoure de fortifications, sa situation stratégique la garde ainsi durant des siècles, ce n'est que récemment qu'elle perd son bouclier...
Elle fût ville importante au moyen-âge...
                                                           


 Localisation : 60400, Noyon, département de l'Oise.

Région : Hauts-de-France

Construction :  III-IV e siècle









La cité s´entoure d´une enceinte, formée sans doute au début d´un fossé et d´une levée de terre palissadée, puis de murailles. Une charte du XIIe siècle en fait foi : « les fossez de la ville de Noyon étoient tenus à blanc d´eau », formant des viviers où il y avait du poisson ; en 1192, l´évêque Etienne en ayant alors la disposition en donna aux frères de l´hôpital Saint-Jean « une partie depuis la porte d´Wez jusqu´à la porte Coquerelle avec pouvoir d´y pescher, leur recommandant toutefois de ne point endommager ni les fossez ni les murailles ». Il semble que l´on puisse situer la date de construction des remparts avant 1178, date de la fondation de l´hôtel-Dieu, que l´on n´imagine pas construit extra-muros. L'enceinte médiévale est probablement construite dans le 3e quart du XIIe siècle. Elle fera l'objet d'une importante modernisation (remparage et reconstruction partielle) dans la 1ère moitié du XVIe siècle. Vers 1553, un ouvrage d'artillerie appuyé sur le côté nord-est de l'enceinte est construit sur les plans de l'ingénieur italien Jean-Baptiste Porcell. A partir de 1591, une citadelle est construite sur le flanc ouest des fortifications à l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint-Eloi (étudiée), sur des plans attribués à Errard de Bar Le Duc. Le démantèlement de la citadelle commence dès le 2e quart du XVIIe siècle, celui des fortifications a lieu dans le 2e quart du XIXe siècle, à partir de 1837.




 Matériaux: l'enceinte a été bâtie de pierre calcaire, de terre, de pierre, de brique moyen appareil, de pierre avec brique en remplissage.




A la fin du IIIe siècle ou au début du IVe siècle après JC, Noyon s’entoure d’une fortification au cœur de ville gallo-romaine. La place forte n’enserre alors que 2,5 ha.
En 531, l’évêque Médard se réfugie derrière l’enceinte gallo-romaine et y implante son évêché et la première cathédrale. Jusqu’en 1793, Noyon est une prestigieuse cité épiscopale.
Saint-Eloi devient évêque de Noyon en 640 jusqu’en 659, date de sa mort. A l’emplacement de son tombeau est fondée une abbaye attestée en 842. Située hors-les-murs, l’abbaye Saint-Eloi du XIIIe siècle est rasée vers 1590 pour l’édification d’une citadelle, elle-même démontée près de 100 ans après. Au XIXe siècle, c’est la gare ferroviaire qui occupait l’emplacement de l’ancienne abbaye.

Noyon est une ville importante au Moyen Âge. Charlemagne y est sacré roi des Francs en 768. En 891 après avoir pillé Balâtre, Roye et Roiglise, les Vikings font subir le même sort à Noyon. Hugues Capet y est sacré roi des Francs le 3 juillet 987 et les évêques de Noyon comptent au nombre des pairs ecclésiastiques du royaume de France. En 1293, la ville est détruite par un incendie, à l'exception de deux établissements ecclésiastiques, l'abbaye Saint-Gilles et l'abbaye Saint-Barthélemy. Jusqu'à la guerre de Cent Ans, le comté ecclésiastique de Noyon a un rôle stratégique entre le domaine royal (l'Île-de-France), les terres des comtes de Vermandois et des seigneurs de Boves-Coucy. La ville bénéficie d'institutions communales dès 1108 : la charte lui est concédée par l'évêque Baudry et confirmée plus tard par le roi.

Sa situation stratégique justifie sa fortification au Bas-Empire et son élection au siège de commandement militaire. La faiblesse de la surface enclose indique cependant qu´il s´agit plus alors d´une citadelle que d´une ville. La construction de la cathédrale et de nouveaux remparts, au XIIe siècle, traduit un essor urbain significatif vers l'ouest (faubourg d'Amiens, vers l'est (faubourg de Soissons) et vers le sud (rue de Paris). Les faubourgs agricoles au nord de la ville (Happlincourt, Coizel et Tarlefesse) restent à l'écart. L'importance des espaces libres, intra-muros, permet l'installation d'établissements hospitaliers et religieux. Dangers et destructions militaires entraînent le réaménagement successif des fortifications aux XVe et XVIe siècles. Au XIXe siècle, la démolition des remparts permettra la construction d'une ceinture de boulevards et le développement des faubourgs. Fortement touchée pendant la Première Guerre mondiale, Noyon fait l´objet d´importantes reconstructions et restaurations, dans le 2e quart du XXe siècle. Les conflits de la Deuxième Guerre mondiale y ont été aussi dévastateurs.


L'enceinte 

 Le centre de l´agglomération est fortifié par une enceinte construite à la fin du IIIe siècle ou au milieu du IVe siècle, qui ne protège qu´une superficie très réduite (2,5 ha). Le mur s´apparente aux autres remparts urbains gallo-romains : élévation en maçonnerie de blocage parementée de moellons carrés de petit appareil, avec des arases intermédiaires de tuiles ; puissantes fondations de grands blocs calcaire de réemploi. Il est doublé côté intérieur par un remblai observé notamment lors de la fouille de l´îlot des Deux-Bornes, qui devait réduire la surface habitable protégée par le rempart. Le système défensif était probablement complété par un fossé extérieur.
 Dès le Ve siècle, l´Eglise assure le relais de l´administration gallo-romaine et Noyon devient ville épiscopale au VIe siècle. La cité s´étend à l´extérieur de ses murailles, mais, à l´époque carolingienne, elle est entièrement ravagée lors de l´invasion normande. S´étant vu concéder une charte par l´évêque en 1108, Noyon dépend du pouvoir royal, et comme d´autre bourgs et villes, elle organise une milice et s´entoure de fortifications. Aux XIe et XIIe siècles, la ville s´étend au-delà de l´enceinte gallo-romaine, le long des axes de circulation. Tout le système défensif doit être reconsidéré. La cité est implantée un peu au nord du confluent de la Verse et de l´Oise, entre les deux branches du Y que forment ces deux rivières. Elle épouse la forme d´un triangle isocèle, pointe en bas, la base étant au nord, sensiblement orientée sud-est, nord-ouest. D'ouest en est, ce triangle est traversé par deux rivières, suivant une direction sensiblement parallèle à la base, la Verse et la Versette. De part et d´autre des deux faces de ce triangle et en raison des fonds des vallées des rivières, le sol, tout au moins à l´époque considérée, devait très vraisemblablement être marécageux, peu consistant, voire mou, donc non favorable à l´installation d´engins de guerre, ni à l´établissement de travaux d´investissements. Au nord par contre, le long de la base, le terrain montant est beaucoup plus sec et sain favorisant ainsi l´entreprise d´attaques contre la ville, ce qui ne manquera pas de se produire ultérieurement.

La cité s´entoure d´une enceinte, formée sans doute au début d´un fossé et d´une levée de terre palissadée, puis de murailles. Une charte du XIIe siècle en fait foi : « les fossez de la ville de Noyon étoient tenus à blanc d´eau », formant des viviers où il y avait du poisson ; en 1192, l´évêque Etienne en ayant alors la disposition en donna aux frères de l´hôpital Saint-Jean « une partie depuis la porte de Wez jusqu´à la porte Coquerelle avec pouvoir d´y pécher, leur recommandant toutefois de ne pas endommager les fossés et les murailles ». Il semble que l´on puisse situer la date de construction des remparts avant 1178, date de la fondation de l´hôtel-Dieu, que l´on n´imagine pas construit extra-muros.


La citadelle 

Elle contrôla la ville durant quatre décennies. La garnison royale de Noyon eut à sa tête un gouverneur en la personne de François de Faudouas d’Averton, comte de Belin. Ce gouvernorat passera par la suite sous la coupe du gouverneur de Paris.  A plusieurs reprises, les Noyonnais réclamèrent le départ de la troupe et le démantèlement de la citadelle. Ce n’est qu’en 1630 que leur demande fut entendue d’une part par Hercule de Rohan-Montbazon, gouverneur de Paris, Soissons, Noyon, Coucy et Chauny, qui accepta de perdre cet office moyennant subsides et, d’autre part, par le roi en son conseil qui fit oeuvre de « clémence et de bonté ». Le 30 mars 1630, un arrêt du conseil du roi ordonna la démolition de la citadelle après trente-neuf années d’existence dans la ville.
L’abbé de Saint-Eloi, Charles de l’Aubespine, seigneur et marquis de Châteauneuf, en réclama alors la possession pour y réinstaller son abbaye. Les vestiges des bâtiments monastiques furent rétrocédés aux Bénédictins de Noyon, installés en ville près de l’église Saint-Martin qui s’employèrent, dès 1631, à rebâtir une église (l’ancienne salle d’armes), un dortoir (ancien logement des soldats), un réfectoire, une chambre des hôtes, une infirmerie et un fournil. Ces constructions provisoires laisseront place, plusieurs décennies plus tard, à une nouvelle abbaye.

A la fin de ces « guerres civiles », en 1595, les bâtiments de l’abbaye de Saint-Eloi n’étaient plus que ruines. Jugeant la position de l’abbaye favorable pour contrôler la ville rebelle, Henri IV y fit élever une forteresse. Le roi ordonna que les matériaux fussent réemployés pour établir une citadelle. Selon Moët de la Forte-Maison, la citadelle aurait pu être construite par l’ingénieur militaire Jean Errard (1554-1610), de Bar-le-Duc. Peu d’éléments de cet édifice sont connus, hormis ses matériaux de construction en pierre de réemploi agencés selon un plan carré autour d’une place d’armes. La gravure de Claude de Chastillon, datée des environs de 1610, est sans doute la représentation la plus précieuse de la citadelle dominant Noyon la ligueuse.


Un peu d'histoire militaire

Tout le monde sait d' après César que les murailles des oppida ou places fortes des Gaulois étaient construites partie en pierres partie en bois superposées alternativement l' une sur l' autre dans la forme d' un échiquier oblongue ; constitué de poutres jumelles d' environ 13,20 mètres de longueur posées à plat, maintenues par des traverses à la distance de deux pieds entre elles et dont on comblait le vide avec de la terre. Entre cette assise de bois et ses voisines de chaque côté il y avait un intervalle de même longueur environ qui était construit en grosses pierres. Cette assise terminée sur toute la ligne on recommençait de la même manière en changeant la disposition des matériaux, c' est à dire en mettant cette fois les pierres dessus, les poutres et les poutres sur les pierres, sous la forme d' un damier dont les cases seraient très oblongues et ainsi de suite jusqu' à une certaine hauteur. Ces assises alternatives de pierres et de poutres, dit César, n' étaient pas désagréables à la vue et cette construction.

Ce genre de construction pouvait avoir de grands avantages surtout pour les Gaulois chez qui le bois abondait mais malgré les éloges de César il est certain, comme le dit M de Caumont, que cette manière de construire devait présenter de grandes imperfections et beaucoup d' inconvénients. Le premier et le plus grand de ces inconvénients à nos yeux était le feu graduelle et immanquable que la chaleur des terres intérieures opéraient nécessairement sur les pièces de bois qui étaient renfermées dans la muraille et on sait que chacun de ces énormes châssis en avait une qui se trouvait enterrée avec ses traverses. Ce feu devait avoir lieu au bout de peu de siècles. La muraille, conséquemment, était ébranlée dans toutes ses parties et il fallut la rebâtir.
Déjà moins de trois cent cinquante ans après César au moment où la désinence magus prévalait sur celle de dunum dans le langage des habitants d' alors, comme nous le prouve l'itinéraire d' Antonin dans lequel nous voyons pour la première fois Noviodunum appelé No viomagus, les Romains réédifiaient son enceinte sur ses anciens fondements.

On ne connaît pas l' époque au juste de la reconstruction des villes gallo-romaines. ll y a tout lieu de croire cependant que beaucoup d' entre elles furent rebâties sous l' empereur Probus, car on sait que ce prince fit construire en Germanie une haute muraille fortifiée de tours pour contenir les barbares du Nord et qu' au rapport de l' empereur Julien il releva et rebâtit soixante dix villes pendant son règne qui dura de l an. Mais tous les savants s' accordent à dire que les fortifications des villes gallo- romaines ont été généralement établies durant le IIIe et le IVe siècle dans la crainte des invasions germaniques. Quoi qu' il en soit comme (observe M de Caumont) la plupart des enceintes militaires n' étaient pas d une grande étendue le plus souvent elles n entouraient qu une partie des villes et n étaient pour ainsi dire que les châteaux ou citadelles des cités. Et lorsqu' au XIIe ou au XIIIe siècle on construisit généralement assez  d'enceintes beaucoup plus vastes, les fortifications gallo-romaines restèrent souvent intactes au milieu de la cité. De là le nom de Castrum ou Castellum qu' on leur donnait ordinairement.


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Une page d'histoire de la ville

  Durant le Haut Moyen-Âge, les faubourgs s’urbanisent progressivement, malgré les raids normands du IXe siècle. Ils sont englobés à la fin du XIIe siècle par le nouveau rempart médiéval. Cependant, le rempart gallo-romain demeure un élément topographique fort, dont témoigne encore la forme arrondie des îlots de maisons construits sur ses fondations.
Ville ligueuse pendant les guerres de religion, Noyon a connu deux sièges par les armées du roi de France Henri IV peu après son avènement. Par deux fois, les canons ont tonné et la ville s’est soumise. Une fois de trop, sans doute : durant quatre décennies, Noyon sera placée sous la surveillance militaire d’un gouverneur installé avec sa garnison dans une citadelle construite à cet effet sur l’emplacement de l’abbaye Saint-Eloi (actuellement entre le rond-point de l’Europe et la gare).
Au Moyen-Âge, Noyon acquiert le surnom de « bien sonnée » en raison de l’omniprésence des établissements religieux. L’ancien castrum devient le quartier cathédral, profondément remodelé entre les XIIe et XIIIe siècles. Le rempart gallo-romain est en partie détruit par la construction de la nouvelle cathédrale gothique. La ville est structurée par un réseau de dix paroisses. Abbayes et monastères se développent jusqu’à la Révolution. C’est alors que la quasi-totalité des clochers présents depuis des siècles disparaît du ciel noyonnais. Selon Moët de la Forte-Maison, la citadelle aurait pu être construite par l’ingénieur militaire Jean Errard (1554-1610), de Bar-le-Duc. Peu d’éléments de cet édifice sont connus, hormis ses matériaux de construction en pierre de réemploi agencés selon un plan carré autour d’une place d’armes. La gravure de Claude de Chastillon, datée des environs de 1610, est sans doute la représentation la plus précieuse de la citadelle dominant Noyon la ligueuse. La citadelle contrôla la ville durant quatre décennies. La garnison royale de Noyon eut à sa tête un gouverneur en la personne de François de Faudouas d’Averton, comte de Belin. Ce gouvernorat passera par la suite sous la coupe du gouverneur de Paris. A plusieurs reprises, les Noyonnais réclamèrent le départ de la troupe et le démantèlement de la citadelle. Ce n’est qu’en 1630 que leur demande fut entendue d’une part par Hercule de Rohan-Montbazon, gouverneur de Paris, Soissons, Noyon, Coucy et Chauny, qui accepta de perdre cet office moyennant subsides et, d’autre part, par le roi en son conseil qui fit oeuvre de « clémence et de bonté ». Le 30 mars 1630, un arrêt du conseil du roi ordonna la démolition de la citadelle après trente-neuf années d’existence dans la ville. L’abbé de Saint-Eloi, Charles de l’Aubespine, seigneur et marquis de Châteauneuf, en réclama alors la possession pour y réinstaller son abbaye.






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La ville






De la Société historique de Noyon, des documents PDF sur la ville
http://www.societe-historique-noyon.fr



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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr

Le monde des châteaux
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Le tourisme dans l'Oise
































































Tour de Trèves









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