vendredi 16 mars 2018

L'enceinte de Beauvais
















Située au nord du bassin parisien, sur les rives du Thérain, affluent de l'Oise, Beauvais, entourée d'anciennes place-fortes comme Marseille-en-Beauvaisis, Sérifontaine, Chaumont-en-Véxin, Creil, Compiègne, Tricot,  s'étend au pied de collines boisées, sur les rives du Thérain, au confluent de l'Avelon dans une ancienne région marécageuse. La cité a vue ses remparts s'agrandir, évolués au fil des siècles et des invasions.... Du bas-empire au XVe siècle, Beauvais a toujours assurer sa sécurité et celle de ses habitants...


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 Localisation : 60 000, Beauvais, département de l'Oise.


Région : Hauts-de-France


Construction :  IVe- XII-XIV-XVe siècle




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La cité voit le jour après la conquête romaine, au début du Ier siècle après J.-C, sur un site marécageux traversé par le Thérain et l’Avelon. Cette agglomération de plus de cent hectares est nommée Caesaromagus (traduit comme « le marché de César »). Les fouilles récentes ont permis d’appréhender à plusieurs endroits le réseau viaire, quelques domus, ainsi que des nécropoles et des zones d’activités artisanales à l’extérieur de cette première ville.  Pour se protéger des invasions barbares, la ville est fortifiée au début du IVe siècle. Elle s’enferme alors dans un castrum rectangulaire d’une dizaine d’hectares. Des vestiges du rempart particulièrement bien conservés et témoin principal de cette période, sont encore visibles dans le centre-ville. En 845, un concile qui élit l’archevêque de Reims en présence de Charles le Chauve se tint à Beauvais. A cette époque, la ville fut victime des raids des Normands, qui incendièrent la ville en 851, et tuèrent l’évêque Hermenfroi quelques années plus tard.
La commune, qui s’est créée très tôt, au XIe siècle, dans une ville prospère, acquiert progressivement des droits pour promouvoir son industrie. Elle prend régulièrement le parti du roi contre l ‘évêque et s’appuie sur le textile pour asseoir sa puissance financière.


L’enceinte

Celle du Bas-Empire, qui fit au moins l’objet d’une réfection en 876, assura vraisemblablement la protection de la cité lors de ces attaques. Au Moyen Âge, la ville connaît à nouveau une croissance importante. Elle s’étend progressivement sur quatre-vingt-cinq hectares, à partir de l’ancien castrum devenu cité épiscopale et canoniale. Des quartiers s’organisent autour des premières paroisses, dont Saint-Étienne, Saint-Laurent ou encore Saint-André. Cette extension de la ville nécessite la construction d’un nouveau rempart défensif qui débute vraisemblablement à la fin du XIIe siècle. Le tissu urbain, ainsi que le tracé des voiries défini à cette époque, furent conservés jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. L’ensemble de la ville contenue à l’intérieur de cette enceinte constitue l’actuel centre-ville de Beauvais.
L' enceinte a 1270m environ de développement ce qui donne une contenance de dix hectares quarante ares équivalant à peu près à la huitième partie de la ville au XIXe siècle, renfermée dans les fossés et non compris les faubourgs. Il y avait seulement deux entrées;  l' une pratiquée dans la muraille du sud est, précisément au lieu où est encore l'arcade nommée Gloria Laus qu' on appelait autrefois la porte du Châtel.

Loisel (historien) dit d' après lui que l' autre se trouvait entre l' évêché et l' église Notre-Dame du Châtel, ce qui désigne assez clairement la ruelle aujourd hui fermée qui conduit de la rue de l Evêché devant la cour d' assises au jardin épiscopal. Il n' en reste aucun vestige, elle aura disparu sans doute lors de la construction au Xe siècle du château des comtes de Beauvais devenu par la suite la demeure des évêques.

On pratiqua plus tard une autre ouverture près du pont d' Amour en démolissant le mur d' enceinte, ce qui fit la porte de la Frète, elle correspondait à la rue ainsi nommée aujourd' hui. Le prétoire de la forteresse était sur la place de la cathédrale touchant au grand escalier, il consistait en une tour carrée massive qu' on nommait le beffroi et qui servait en dernier lieu de clocher. Il s'agissait d'une construction du plus gros appareil sans mortier et recouvrant dit-on de vastes souterrains. Elle a été rasée depuis la révolution. Les murs étaient entourés de canaux dont les ruisseaux qui parcourent les rues indiquées ci dessus sont des vestiges. En creusant à la fin du dix XVIIe siècle les caves d' une maison donnant sur la place de l' hôtel de ville, on déterra les restes d' un bateau témoignage irrécusable de la largeur et de l' importance de ces fossés. L' enceinte a subi depuis longtemps de gros dégâts. Louvet rapporte que les tours et la muraille d' orient furent détruites lors du siège de Beauvais par Louis le gros et en effet on n' en remarque aucune trace depuis la rue Saint-Martin jusqu à celle de la Frète. On voit des lambeaux du mur romain dans la rue du petit Thérain (qui n'existe plus) où il reste encore une tour bien conservée on en trouve deux autres avec des pans de murailles dans la rue du Théâtre. Le palais épiscopal, côté nord-ouest, est assis sur le rempart et ses tours bâties au Xe siècle sont appuyées de même sur des tours romaines. Le côté ouest par lequel les Bourgnignons firent en 1 72 leur principale attaque a été reconstruit presqu' en entier, cependant on a laissé debout trois tours et des lambeaux de murs garnis de pastoureaux. Ces pastoureaux constituent un revêtement maillé ou réticulé sur la face extérieure de la muraille, ils ont 10cm de côté, les uns sont cubiques, d' autres cunéiformes, le plus grand nombre a 2m de profondeur sur quatre de côté.
Dans la rue du Théâtre on peut en remarquer d' autres longs de 25 à 30cm sur une épaisseur et hauteur de 12cm seulement. Le mur qu' ils recouvrent, épais de 2 à 2.50 m, est formé de moellons et de débris liés par un ciment excessivement endurci que Louvet dit avoir été destrempé avec sang de bœuf pour la force et la conglutination. Le massif est divisé horizontalement par des cordons de briques espacés de 1.20 à 1.70m un peu saillant sur le parement, on en compte quatre visibles hors de terre, chaque cordon est formé de briques accouplées, les unes plates, épaisses de huit à quinze lignes, longues de 36 m, les autres en tuiles à rebords que quelque défaut ne permettait pas d' employer comme couvertures. Les lits traversent tout le massif dans le but évident d' imprimer plus de solidité aux éléments inégaux dont il est composé.
A 2 m en arrière, on trouve un deuxième mur semblable mais moins épais, l' espace intermédiaire est rempli de terre et de déblais. Louvet rapporte qu' on y avait ménagé une allée ou casemate dans laquelle deux hommes pouvaient marcher de front, cependant on n' en voit aucune trace. On a rencontré au milieu de ce remblai plusieurs niches cubiques dont le vide était formé par la juxtaposition de six carreaux épais de 10 cm ayant chacun 56 cm carrés préparés et cuits avec plus de soin que les autres briques. Il est difficile d' ailleurs de présumer le but de ces sortes de cachettes perdues dans le massif. Ainsi l' épaisseur totale du rempart était au moins de 6.60 m et non pas seulement de 2.50 m comme le disent les historiens de Beauvaisis. Les tours sont saillantes de plus d' un demi diamètre en dehors du front, la plus haute de celles qui restent n' a pas dix mètres mais on ne peut juger par là de la hauteur des remparts qui ont été découronnés. Leur diamètre et leur espacement semble avoir été régulier. Celles qui occupaient les angles de l' enceinte étaient carrées à ce que rapporte Louvet. Au niveau de l' eau, devant le moulin de Limaçon, les fondations composées d' énormes cubes equarris, rapprochés sans ciment ni liaison. La partie de cette antique muraille qui n' a pas été englobée dans des propriétés particulières est démolie peu à peu et les matériaux sont employés à réparer les chemins. Il n' en restera aucun vestige.
 Le mur épais de 2 à 2.50 m, est formé de moellons et de débris liés par un ciment excessivement endurci que Louvet dit avoir été destrempé avec sang de bœuf pour la force et la conglutination. Le massif est divisé horizontalement par des cordons de briques espacés de 1.20 à 1.70 m un peu saillant sur le parement, on en compte quatre visibles hors de terre, chaque cordon est formé de briques accouplées, les unes plates, épaisses de huit à quinze lignes, longues de 36 m, les autres en tuiles à rebords que quelque défaut ne permettait pas d' employer comme couvertures. Les lits traversent tout le massif dans le but évident d' imprimer plus de solidité aux éléments inégaux dont il est composé.

A proximité de l’enceinte et de ses portes principales, quatre faubourgs se sont développés : le faubourg Saint-Jean (situé au sud-ouest) et le faubourg SaintJacques (au sud-est), construits tous les deux autour de leur église paroissiale, le faubourg Saint-Quentin (au nord-ouest), implanté aux abords de l’abbaye du même nom, et le faubourg Saint-André (à l’est), bâti le long des fossés de l’enceinte. La ville se dote également de rivières urbaines. Ces dérivations du Thérain n’alimentent pas la ville en eau potable. Sources d’énergie hydraulique pour les moulins, elles collectent aussi les eaux usées. La ville intra-muros était ainsi sillonnée par le Merdançon, vestige du fossé défensif en eau qui ceinturait le castrum, par la rivière Sainte-Marguerite, creusée sous l’épiscopat de l’évêque Roger (1015- 1030), ou encore par la rivière Saint-François aménagée à la même période. Il ne subsiste qu’une partie de l’enceinte dont une porte monumentale (M.H. 1930) et une des tours (I.S.M.H. 1935).
La porte, du XIVe siècle, est ornée d’une fine sculpture formant un cordon et des feuilles de houx, et du blason aux armes de Robert des Quesnes, abbé de 1391 à 1414. La tour d’enceinte restante date du XVe siècle mais elle a été largement remaniée au XIXe siècle et agrémentée de mâchicoulis et de créneaux. Les vestiges du rempart antique qui ceinturait le castrum romain d’environ dix hectares sont toujours visibles dans le paysage urbain du centre-ville. Dessinant une forme de quadrilatère, le rempart mesurait environ 1 370 mètres et était flanqué de dix-huit tours, dont cinq sont encore partiellement conservées. Il s’élève encore à certains endroits à plus de quatorze mètres de hauteur, avec une épaisseur moyenne de 2,50 mètres. Une partie de ces vestiges a été habilement intégrée par l’architecte André Hermant dans la Galerie nationale de la tapisserie construite dans les années 1970.

La nouvelle ville cinq à six fois plus grande que la cité, un nouveau rempart est construit à la fin du XIIe siècle sous Philippe Auguste pour protéger la ville qui s’est agrandie bien au-delà de ses protections antiques. Aux XIVe et XVe siècles, lors de la Guerre de Cent ans, une importante partie des fortifications est reconstruite. De nouvelles constructions sont également ajoutées, comme la tour Boileau en 1489. Cette tour, qui porte le nom du maire qui a ordonné sa construction, est le dernier vestige du système défensif de cette époque, le rempart médiéval et la tour Boileau deviennent I.S.M.H. en 1930.  Comme de nombreuses villes fortifiées, le rempart a été démantelé au cours du XIXe siècle pour laisser place à de grands boulevards et des squares entourant le centre-ville. La tour Boileau est située à proximité de l’ancienne porte Saint-Jean, au-delà du Thérain, à une trentaine de mètres en avant du rempart, auquel elle était reliée par une galerie couverte. Au-delà de sa fonction défensive, elle permettait de réguler le débit d’eau destiné à alimenter les fossés bordant la fortification et les moulins de la ville implantés en aval. Aujourd’hui, les vestiges de la tour d’escalier, la galerie couverte et le « bâtiment-pont » qui enjambe le Thérain dominent encore la zone de confluence du Thérain et de l’Avelon.
 Ces fortifications devenues inutiles depuis l' invention de l' artillerie, ont été remplacées au XIXe siècle dans toute la partie orientale, par de très beaux boulevards qui forment une promenade agréable composée de trois allées principales d'un ensemble de 26 mètres de large. Cette promenade, bordée par un canal d' eau vive qui se décharge dans le Thérain après avoir fait le tour de la majeure partie de la ville, remplace des remparts qui tombaient en ruine et des fossés marécageux dont les exhalaisons étaient aussi nuisibles que désagréables. Le premier arbre de ces boulevards fut planté le 15 décembre 1804, la démolition des remparts avait commencé en janvier 18o3. C' est un zèle éclairé de M le chevalier De Nully d' Hécourt qu' est due l' idée heureuse de cette utile transformation,  son activité et sa persévérance ont permis l' exécution des travaux qu' il surveilla constamment d' abord comme adjoint puis comme maire. Les habitants de Beauvais furent content et redevables de ces heureux changements qui chaque jour ont fait de nouveaux progrès et dont on reconnut à chaque instant l' utilité. L autre côté de la ville est baigné par un bras du Thérain dans lequel l' Avelon vient se jeter près de la porte Saint-Jean. Le Thérain,  affluent de l'Oise qui coule à environ deux kilomètres des murs de la ville se trouvait visiblement entraîné par la pente du terrain vers le village de Saint-Just. Un ouvrage artificiel qui commence au lieu-dit le grand relais, l' a contraint à se rendre à Beauvais. Les dimensions de cette digue sont très importante pour le pays, au grand relais, un bras qui sort de la rivière principale se subdivise en deux; l' un arrose le marais de Saint-Just, appelé marais de Savoie, l' autre sépare le marais de Saint-Lucien de celui de Saint-Quentin.
La ville est fermée par cinq portes principales et trois poternes ou petites portes, porte d Amiens ou de l Hôtel Dieu à l' est de Paris, de Saint-Jean au midi et de Gournay ou du Limaçon à l' ouest. Celles de Clermont et de Gournay sont accompagnées de pavillons d' une conception et d' une construction modernes, ceux de la porte de Clermont furent achevés en 1809, les autres l' étaient en 1807. Des trois poternes, celle de Saint-André est située sur le nouveau canal à l' est de la ville, celle de Sainte-Marguerite, au nord-ouest, à l entrée du Thérain et celle de Saint-Louis à l' ouest près de la même rivière. Il y avait autrefois face à la caserne dite du grand quartier une poterne nommée St-Gilles ou Saint-Germer, elle se confond avec celle de Saint-Louis.

Les soubassements des remparts gallo-romains dans l'ancien évêché, qui est devenu une galerie nationale de la Tapisserie (classement par liste de 1889), se situent le long de la rue et de l'impasse Beauregard, depuis l'angle Nord-Est de l'ancienne enceinte jusqu'à la rue Frette, y compris le mur parallèle à la rue du Théâtre ; la tour semi-circulaire au droit du chevet de la cathédrale et le mur parallèle à la rue du Musée en face de la rue Saint-Laurent (vestiges mis au jour par les bombardements : inscription par arrêté du 22 décembre 1941). Les autres remparts gallo-romains, y compris la partie enterrée ont été inscrits par arrêté le 2 février 1949.












La ville




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Histoire de Beauvais 

L'enceinte, la ville, page 29
https://books.google.fr/books 

L'enceinte Romaine
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Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee

Les seigneurs de la ville

Le palais épiscopal de Beauvais, musée de l'Oise 

Le patrimoine

Fiche historique du château




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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
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Le monde des châteaux
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Le tourisme Oise
































































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