dimanche 11 mars 2018

L'enceinte de Château-Thierry















Enserrée entre Meaux et Reims, la Seine-et-Marne et le département de la Marne, là, au Sud du département de l'Aisne, Château-Thierry côtoie aussi le département de l'Oise, la ville se situe dans un vallon de la vallée de la Marne. Château-Thierry appartenait à la Champagne jusqu'à la Révolution française, place forte, forteresse du Comté de Champagne puis du domaine royal, dès le IXe siècle, la ville acquiert son château-fort, puis, un peu plus tard, son enceinte.













Localisation   02400, Château-Thierry, département de l'Aisne


Région Hauts-de-France


Construction XIIIe siècle




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L'enceinte 

Elle est datable du XIIIe siècle mais a subi de constantes réparations jusqu'au XVIIe siècle, en particulier pour s'adapter aux armes à feu ; désaffectés au XVIIIe siècle, les anciens remparts sont concédés à des particuliers (1787) ; la porte de Marne est démolie des 1767 lors de la reconstruction du pont, celle de Saint-Crépin l'est en 1794 et celle de Beauvais en 1799. Seule subsiste aujourd'hui la porte Saint-Pierre, appelée aussi porte de la Barre, encadrée de deux tours en fer à cheval qui a été édifiée par le comte Thibaud IV de Champagne au XIIIe siècle, le blason sculpté au-dessus de la porte est aujourd'hui effacé, le corps de garde qui la surmonte a été converti en logement, puis en salles d'exposition, ses voûtes d'ogives ont été détruites au XIXe siècle. Demeurent également 8 tours de l'enceinte, 2 autres ayant été détruites dans les années 1870 lors de l'agrandissement de l'hôtel-Dieu. L'enceinte fortifiée représentait à l'origine un périmètre de 1300 m, non compris la section occupée par la muraille du château ; les parements des tours et des courtines sont généralement en grès taille moyen appareil, plus rarement en calcaire ; l'intérieur des murs est en moellon de meulière ou de calcaire ; l'intérieur des tours subsistantes est voûté en cul-de-four ; toit à long pans conique noué sur la porte saint Pierre. Les matériaux utilisés sont en grès ; calcaire ; moyen appareil ; meulière ; calcaire ; moellon

Le rempart qui entourait le bourg de Château-Thierry était flanqué de tours circulaires. Il est conservé au nord-est et était percé de plusieurs porte encore visible aujourd'hui ; porte Saint-Pierre et porte Saint-Jean. Au bord de la Marne subsiste également une grosse tour d'artillerie datée du XVe siècle

L’une des plus anciennes forteresses au Moyen Age possédait en son centre un donjon, mentionné pour la 1er fois en 923 par Flodoart. Au XIIe siècle, ce sont 11 tours qui furent élevées. Les salles souterraines ont été pour partie créées lors de l’extraction de pierres calcaires de construction au XIe siècle. Au XIIe et XIIIe siècles, elles sont renforcées d’arcades pour servir de cellier seigneurial. Les soubassements d’une tour d’enceinte du château du XIIe siècle sont encore visibles
Les ruines du château-fort des comtes de Champagne et ses remparts dominent la ville de Château-Thierry et constituent un parc de promenade agréable. La butte où il se situe contrôle la vallée de la Marne. Le château a été construit entre les IXe et XVIIe siècles sur des restes de fortifications plus anciennes. En dehors de la base des remparts, la porte Saint-Jean est le seul témoignage encore vraiment appréciable.
Du XIIIe siècle, ces fragments de l'enceinte médiévale de la ville sont à rapprocher des portes Saint-Jean (notice Mérimée PA00115589) et Saint-Pierre (notice Mérimée PA00115590) et des restes du vieux château.

Dès 1022, Château-Thierry fait partie du domaine des comtes de Blois et de Champagne. Les fouilles récentes montrent qu'une enceinte urbaine fut mise en place sous le règne de Thibaud II (1102- 1150). Son tracé n'est pas connu avec précision. Elle devait probablement suivre l'axe formé par la rue du Château, la Grande Rue et l'actuelle rue Jean- de-la-Fontaine. Le bourg ainsi ceinturé s'étendait sur le flanc sud de l'éperon occupé par le castrum. Aussi, sous l'influence du comte, une communauté de prémontrés initialement implantée sur le site du château en 1133, est déplacée à l'extrémité nord de la commune, formant dès 1140 l'abbaye de Val- Secret. Le rattachement du comté de Champagne au domaine royal en 1285 marque une nouvelle étape dans le développement du bourg. Une charte de Commune fut attribuée aux habitants en 1301. Trois ans plus tard, la reine Jeanne de Navarre épouse de Philippe IV le Bel, fonde l'hôtel-Dieu par testament ; cet édifice vient s'ajouter à un encadrement hospitalier qui depuis quelques décennies comportait déjà une maladrerie et une maison- Dieu fondée en 1210 par le chevalier Guy de la Barre dans le faubourg nord-est de la ville, qui allait conserver son nom. Cette dernière fondation devint dès 1236 une abbaye augustinienne. Le comté de Champagne est définitivement rattaché à la couronne par le traité du 14 mars 1336. Une année plus tard débutait le grand conflit. La guerre de Cent ans fut l'occasion de nombreuses destructions. La prise de la ville par les anglais en 1421 fut certainement celle qui occasionna le plus de ravage. Cette période de trouble liée à l'instabilité du pouvoir, marquée par l'alternance répétée et successive d'apanages et de rattachements au domaine royal ne prête guère à la mise en œuvre d'aménagements d'envergure.


 Les limites de la ville 

Le bourg initial s'est formé entre la colline du château et la rivière de Marne.
L'enceinte urbaine du XIIIe siècle enserrait un espace de plus de 20 ha. Certaines rues de l'ouest à l'est enveloppent la colline : Grande rue et rue du Château, cette dernière aboutissant à la porte Saint-Pierre. L'enceinte précédente, plus restreinte, confinait l'agglomération urbaine sur le flanc sud de l'éperon occupé par le castrum. Les rues principales sont coupées par la rue du Pont, au droit de l'axe du pont (p) franchissant la rivière. Cette configuration d'espace urbain est caractéristique des villes d'accession se juxtaposant plus ou moins spontanément à un élément non urbain préexistant : le château

Sous le règne de Thibaud IV de Champagne entre 1220 et 1236 fut édifiée une nouvelle enceinte plus ample que la précédente. Son tracé est élargi en direction de la rivière, vraisemblablement sur des terrains andennement marécageux. Cette nouvelle ligne de protection, prévue plus large que l'agglomération urbaine existante, devait permettre de constituer des lots à bâtir. Coïncidant avec ces lourds travaux, de nouveaux moulins au droit d'un perthuis furent probablement mis en place sur la rivière. Dès cette époque, la ville se trouve divisée en trois paroisses : Notre-Dame, dans le château pour la ville intra-muros ; Saint-Crépin, pour les quartiers extérieurs aux remparts ; et Saint-Martin, pour les hameaux et les fermes environnantes.

L'extension urbaine est indissociable de la dimension économique et de son développement. Le premier constituant est bien évidemment le pont, élément de franchissement et de contrôle, connu dès la deuxième moitié du XIIe siècle. Un « double » péage y taxe la traversée et la circulation fluviale. Il est à mettre en rapport avec la proximité des importantes foires de Champagne. Ce pont est également à l'origine du développement de la rive gauche de la Marne en liaison étroite avec les deux axes commerciaux, routier et fluvial. Cette occupation est protégée par des douves appelées «fossé malingre ».

Le château, comme lieu de résidence, tombe peu à peu en désuétude, faisant l'objet de cours séjours pour être pratiquement abandonné dans le courant du XVIIIe siècle. Les enceintes urbaines ne sont conservées que dans un but fiscal, les tours converties en logement et les fossés progressivement comblés ou réaménagés en jardins.


L'enceinte, la ville

Pour accéder à la ville, il fallait passer sous deux arcades bien fermées de portes et de herses qu' on ne pouvait essayer de briser sans perdre beaucoup de monde. La première de ces arcades présentait de chaque coté sur son front menaçant des tours polygones et des casemates d' où l' on pouvait tirer par les créneaux sur les assaillants. Cette entrée, à découvert par le haut et resserrée entre quatre murailles fortes élevées, portait de chaque côté à des étages supérieurs des ouvertures de fenêtres d' où l' on pouvait accabler de pierres et de flèches les ennemis qui auraient tenté de pénétrer dans le premier fort.
Tout le reste de cette vaste enceinte quoique construit ou rétabli à différentes époques offre presque partout le même plan de fortifications, la même espèce de matériaux, surtout au nord et à l' ouest, endroits les moins accessibles à l' ennemi. Cette porte, dont on a diminué la hauteur en 1785, est encore une des ruines les plus augustes et les plus imposantes de ce vieux manoir de la monarchie, sa façade crénelée, l' ouverture de ses herses, sa voûte tortueuse, l' épaisseur de ses cintres noircis par les siècles, ses jours entrecoupés, sa double galerie, respirent encore toute la grandeur féodale et portent le caractère du XIe siècle.  

Outre la porte qui défendait l' approche du pont, nous voyons dans les anciennes vues de la ville à quelque mètres dans le mur du rempart, une petite ouverture qu' on désignait indifféremment sous le nom de poterne, petite porte ou de porte Saint-Jacques, soit à cause du fort qui n' en était pas éloigné, ou d' une autre petite chapelle de ce nom qui était entre la porte du pont et le fort. Lorsqu' on eut, sous François Ier, reculé le lit de la rivière de manière à laisser une petite place, on lui donna aussi le nom de place Saint-Jacques. Le nom de poterne s' étendit bientôt a quelques maisons bâties dans le voisinage sur une espèce de quai.

Les successeurs d'Heribert conservèrent ce château jusqu' en 945 ensuite il devint la propriété de Richard comte de Troyes. Ce seigneur l'ayant vendu en fief à un nommé Thierry, ce dernier le fit réparer et augmenta considérablement les fortifications, ce qui avait fait présumer que ce Thierry en avait été le fondateur. Il est vraisemblable, en effet, que vers ce temps Château Thierry a cessé de faire partie de la succession des comtes de Vermandois. Vers le XIe siècle, Thierry étant mort, ce domaine passa à Hugues, homme d'une naissance très illustre. Ce seigneur fit agrandir le château en prolongeant sur les parties élevées du nord une ceinture de remparts flanqués de tours et de bastions.

Une entrée fortifiée d'une construction imposante élevée d'étages présente en avant deux tours anguleuses en bastion, elle est gardée en flanc par deux angles d'amortissement. Cette entrée a deux arcades en ogive espacées par vide meurtrier qui se trouvait saisi entre deux herses, là, des ouvertures de tous côtés servaient à massacrer les ennemis. Une autre arcade en cintre était fermée par une porte à doubles battants appuyés de pivots et retenus par le haut à deux colliers en pierres. Sur les côtés de ces arcades sont de vastes casemates d' une voûte élevée sur les points aménagés pour la défense. Un escalier nord a été construit dans l'épaisseur de la muraille pour monter aux étages supérieurs. Au dessous de ces casemates sont des places également voûtées, percées de même par des meurtrières, plusieurs couloirs y donnent accès de toute part. Une large cheminée, qui se trouve dans pièce à droite avec un logement séparé n'ayant pour toute ouverture que la porte intérieure, à présumer que cette grande pièce était une chambre, ou deux longs corridors servent d' entrée dans cet intérieur au bout duquel sont des commodités. La pièce du nord, au premier, est en ruine, la voûte a été détruite et il ne reste plus que les murs de pourtour et les ouvertures. Au-dessous de ces places, on reconnaît facilement par la construction qu'il existait encore un autre étage où le moteur des herses devait se trouver, d'après le rapport de quelques personnes. Il paraîtrait que l'on a baissé cette porte en 1785. Nul doute que ces tours devaient être couronnées de mâchicoulis et de créneaux, malgré cette mutilation, cette porte laisse encore voir les ruines imposantes de ce vieux manoir de la monarchie.
D'après un mûr examen, il est facile de reconnaître que c'est le soubassement d'un ancien donjon qui défendait l'entrée du château, il a trente mètres de long sur vingt quatre mètres de large et six mètres de haut, l'intérieur renferme des magasins voûtés en plein cintre, une porte romane au levant est cintrée à double rang de pierres. En avant de ce soubassement, un large fossé règne sur toute la devanture de la plate forme, lequel ne pouvait se franchir qu' à l'aide d'un pont-levis resserré entre deux tours. Dans le rempart, du côté du midi, une des tours d'un diamètre extérieur de huit mètres renferme dans son soubassement une prison, ou oubliette, elle n'a pour jour et pour entrée qu' un seul trou carré de cinquante centimètres sur soixante percé dans une pierre au sommet de la voûte. Cette pierre est taillée de manière à recevoir une autre pierre pour fermeture. Le rempart et les tours du midi et du couchant sont assez bien conservés jusqu'au raz de la plate forme, leur construction est tout en grès petit appareil carré, comme un pavé. On dirait en regardant cette construction un pavage posé perpendiculairement, mais malheureusement, le côté du nord a souffert davantage, on en a extrait des matériaux.

Les trois derniers "paragraphes" de l'enceinte, la ville, ont été vus page 473 de ce livre
https://books.google.fr/books


On attachait tant d'importance à la possession des châteaux urbains que le roi de France, Louis IV, après la prise de Laon, fit construire une deuxième forteresse dans cette cité. Celle-ci fut élevée auprès de la porte de la ville (938 ap J C) et lorsque Thibaut le Tricheur, comte de Blois, voulut en disputer la possession au roi de France, celui-ci, pour la mettre à l'abri des tentatives du comte, la fit entourer d'une muraille qui se reliait par ses deux extrémités aux murs de la ville (949 ap J C).  Rien en effet ne valait à cette époque la possession d'une ville close, murée et garnie de châteaux pour assurer l'autorité des seigneurs.



Des fouilles;

La fouille réalisée en 1999, d'une emprise au sol de 240 m2, a été implantée dans la moitié sud de la cour de l'ancien centre Jean Macé, soit au plus proche des futurs bâtiments de la médiathèque et de manière à englober le sondage 1 de 1997.
Les vestiges les plus anciens découverts in situ correspondent à une partie de l'enceinte urbaine et à son fossé, orientés nord-sud. L'habitat privé correspondant à la ville intra-muros n'a pu être retrouvé, seules des fosses ont été mises au jour, elles ont livré un matériel datable du début du XIIe s. Suite à la construction d'une nouvelle enceinte dans la première moitié du XIIIe s.(enceinte située 50 m plus à l'ouest, hors emprise de la fouille) ce système défensif est abandonné, l'ancien espace extra muros demeure exempt de construction et d'occupation réelle jusqu'à l'implantation d'un cimetière au milieu du XIVe s.
Ce cimetière est abandonné et disparaît peu à peu, l'espace urbain gagné grâce à la construction de l'enceinte du XIIIe s. ne subit pas de réel aménagement, seul l'ancien quartier intra-muros du XIIe s. continu d'être urbanisé (fossé parcellaire et zones de rejets domestiques XVe s.). C'est sur cet espace libre de constructions, situé sous enceinte, en contrebas du château médiéval, qu'est implanté en 1489 un couvent de Cordeliers sur l'initiative d'Antoine Le Grand Bâtard de Bourgogne, alors seigneur de Château-Thierry. La fouille a permis de mettre au jour deux galeries du promenoir, ainsi que le jardin. La galerie-est reprend l'orientation nord-sud de l'enceinte du XIIe s. à laquelle elle est adossée, indiquant ainsi que son abandon au profit de l'enceinte XIIIe s. n'a pas entraîné son arasement complet. Les galeries étaient délimitées coté jardin par un mur bahut soutenant à intervalles réguliers des piliers de bases carrées. Plusieurs périodes de constructions-reconstructions, s'échelonnant de la fin du XVe au XVIIIe s., ont pu être mis en évidence.










Des documents sur la ville



Château-Thierry et la Marne

Un document en vieux Français sur les remparts et les fossés de la ville (en 1695-1699), livre de 1875



Le patrimoine


La ville sur la base Mérimée

La maison natale de Jean de La Fontaine




La ville







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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
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Le tourisme Aisne













Château-Thierry au XVIIIe siècle










Les remparts









Ruines du Château-fort




Porte Saint-Pierre


















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