vendredi 9 mars 2018

L'enceinte de Provins



















Provins au XIIe siècle











Ancienne capitale des comtes de Champagne, Provins est bâtie autour d'un promontoire, sur le plateau briard, au confluent de la vallée de la Voulzie et de celle du Durteint. Entre Meaux, au Nord et Sens au Sud, Provins, qui fut place forte, est devenue une renommée mondiale, elle accueille aujourd'hui le public pour ses spectacles et animations médiévales.











Localisation   77160, Provins, département de la Seine-et-Marne


Région Ile-de-France


Construction  XIe-XIIIe siècle





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Située à peu de distance de la frontière médiévale entre le domaine royal et le comté de Champagne, Provins était la capitale de la Brie. La ville est divisée en deux parties distinctes : la ville Haute, ou Châtel, assise sur un éperon calcaire du plateau. Bien que souvent identifiée autrefois à YAgendicum des Commentaires de César, Provins n'entre que tardivement dans l'histoire, au début du IXe siècle seulement. Le castrum installé sur le site bénéficie, au XIIe siècle, de la fondation des fameuses foires; rapidement, la population augmente, entraînant la construction d'une nouvelle enceinte sur le plateau, et la création d'un bourg fortifié en contrebas, près du prieuré de Saint-Ayoul. Dans le deuxième tiers du XIIIe siècle commence la construction des vastes enceintes qui subsistent de nos jours. Par la suite, les comtes de Champagne, devenus rois de Navarre, délaissent quelque peu la Champagne, et Provins, dont Henri le Libéral avait fait sa seconde capitale, également.

Les remparts ont été édifiés entre les XIe et XIIIe siècles, leur périmètre s'élargissant au fur et à mesure que la ville grandissait. Les deux portes réalisées sous Philippe le Bel, la Porte de Jouy et la Porte Saint-Jean, sont des exemples remarquables des portes royales du XIVe siècle. Provins possède à l'époque l’une des enceintes fortifiées les plus imposantes de France : 5 km de remparts. C’est le comte Thibaut IV de Champagne qui, de 1226 à 1236, fait bâtir cette impressionnante muraille de plus de 25 mètres de hauteur. Le comte avait vu grand afin d’accueillir et de protéger les habitants et les très nombreux marchands qui venaient pour les Foires de Champagne ! Les bâtisseurs ont pu profiter de la richesse des comtes pour faire preuve de leur savoir, en construisant toutes les formes possibles de tours : rondes, rectangulaires, en amande, octogonales, hexagonales, trapézoïdales, etc.Aujourd’hui, il reste 1200 mètres de remparts autour de la ville haute. Comme dans la plupart des villes, la partie disparue a servi pour construire ou reconstruire des habitations. A Provins, on imagine encore facilement le tracé complet grâce aux Allées d’Aligre, un boulevard de promenade très prisé des Provinois. 


L'enceinte de la ville basse
L'enceinte a un périmètre de 3.800 m. Elle était flanquée par une quarantaine de tours, et protégée par des fossés doubles. A partir du XVIIe siècle, un talus de terre continu fut élevé en arrière des courtines pour protéger la ville des inondations. L'examen des vestiges de flanquements permet de déceler plusieurs campagnes de construction nettement distinctes, dont deux furent particulièrement importantes : celle de la première moitié du xme siècle, et celle de la seconde moitié du XIVe siècle. 

Les fortifications du donjon et du « Petit Châtel »
Le donjon, bien daté de la seconde moitié du XIIe siècle, est un monument marquant pour l'architecture militaire; par ses curieuses dispositions, il est certainement moins fonctionnel que prestigieux. Érigé au sommet d'une motte artificielle, il est encore entouré par sa chemise originelle. Au XVe siècle, celle-ci fut raccordée à une petite fortification bâtie sur l'enceinte urbaine, au sud : cette fortification, appelée le « Petit Châtel », devait être la citadelle de la ville Haute, mais ne fut, semble-t-il, pas terminée.

 L'enceinte de séparation entre ville Basse et Châtel
Cette enceinte se compose d'une partie sans doute fort ancienne, délimitant l'ancien castrum, et d'une autre partie, plus moderne, construite entre le XIIIe et le xve siècle. La muraille, protégée par de forts escarpements, était peu flanquée, et son examen s'avère assez décevant.

L'enceinte externe du Châtel
Cette enceinte, entièrement conservée, est l'un des plus beaux vestiges de l'architecture mili taire médiévale. Longue de 1.160 m, elle est flanquée par vingt-deux tours, et deux portes s'y ouvrent. Son fossé subsiste, large de 30 m environ, profond de 10 m.



En suivant la muraille qui monte de la rivière du Durteint à la poterne Faneron on trouve une tour ronde dite le Trou au Chat et deux tourelles en encorbellement. L' une des portes du Trou au Chat est  plein cintre, l' autre est composée de deux pieds droits et d' un linteau qui repose sur des tailloirs. Une semblable disposition se remarque à deux ouvertures de la tour Faneron tandis que le plein cintre est la forme de la grande porte appelée Porte des Vieux Murs, qui servait de défense. La poterne Faneron autrefois couverte d'ardoises parait avoir été renforcée du côté de la campagne, postérieurement à sa construction. En 1656, le jour de l' Assomption, elle fut frappée par le tonnerre qui brisa sa partie méridionale et fut ruinée faute de réparation. Jusqu à la porte de Jouy, l' une des deux lignes de fortifications qui partent de la poterne Faneron pour entourer la ville haute ne présente de remarquable qu' une arcature à plein cintre, une voussure du même genre dans laquelle sont pratiqués un créneau et une porte dite la Porte au Pain qui menait à Notre Dame du Château par la rue des Orfèvres. On voit encore à l' intérieur les débris du chemin de ronde sur lequel les assiégés se plaçaient et d' où, protégés par un mur de quelques mètres, ils lançaient des projectiles à l' ennemi. La porte de Jouy se composait autrefois de deux ouvertures, l' une pour les piétons, l' autre plus grande et  plein cintre, elle était surmontée d' un clocheton assez élevé. On ne voit plus au XIXe siècle que les jambages de la porte principale en grand appareil présentant encore la rainure dans laquelle devait glisser la herse, instrument inusité avant le XIIe siècle. Sa charpente ainsi que celle de la porte Saint- Jean, fut descendue en 1723 de peur qu' il n' arrivât quelques accidents. La partie la plus curieuse des fortifications prend naissance à la porte de Jouy, la porte de Saint-Jean, un peu plus loin, est un luxe de défense pour ainsi dire. Les fossés sont larges et profonds, les tourelles sont pressées à l' intérieur même, non loin de la muraille se trouve une tour isolée autrefois très élevée et qui certainement fut construite ou au moins mise à profit pour la sûreté.


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