dimanche 12 janvier 2020

L'enceinte de Bouville

















Bouville est située dans la région naturelle de la Beauce, dans le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français entre Etampes et Fontainebleau, au coeur de l'Essonne. Bouville fait figure de bourg-centre par rapport aux trois communes immédiatement avoisinantes : Orveau, Puiselet-le-Marais et Valpuiseaux. A deux pas d'Etampes, blottit là entre deux départements, Bouville a vu sa forteresse de plaine s'ériger au XIIIe siècle.









Localisation :  91880 Bouville, 
département de l'Essonne.


Région : Ile-de-France

Année de construction :  XIIIe siècle 





Architecture : 

La forteresse comporte en particulier une vaste enceinte rectangulaire entourée de douves humides, flanquée de tours aux angles et dont les mâchicoulis sont portés par de grands arcs en tiers point bandés entre les contreforts. Au milieu de l'un des côtés, l'entrée s'ouvre dans le donjon rectangulaire, à côté d'un pavillon datant du début du XVIIe siècle. « En l'absence de fouilles à l'intérieur de l'enceinte et compte tenu des restaurations, il n'est pas possible d'établir une chronologie fiable de la construction. ».  L'emploi du mâchicoulis sur arc est cependant peu fréquent en Île-de-France et les deux autres exemples connus au nord de la Loire sont plus tardifs.
 L'ancienne résidence seigneuriale se situait probablement dans la partie Sud-Est qui, au XVIIIe siècle, était déjà devenue la ferme du château. À l'intérieur de l'enceinte, on trouve une salle seigneuriale, une grange aux dîmes, des communs, un colombier, des remises et écuries, une chapelle à voûte lambrissée au décor datant probablement du début du XIVe siècle. .
La forteresse est d'allure rude et massive, avec une enceinte intacte de 275 m de longueur, crénelée, entourée de douves. Elle ne comporte pas de donjon, seulement quatre tours d'angle peu saillantes. Les grandes arcades des murs d'enceinte rappellent le château des Papes à Avignon. La cour intérieure regroupe les habitations, la grange dimière, des entrepôts, un puits, un colombier...

Celle-ci s'organisait probablement de façon symétrique, de part et d'autre d'un pavillon central abritant un pont-levis. L'hypothèse d'une entrée monumentale encadrée de deux tours carrées, flanquée latéralement de courtines à trois mâchicoulis et de tours d'angle cylindriques, relègue de ce fait le pavillon carré à une campagne postérieure aux Guerres de Religions. En effet, après les pillages successifs du château entre 1567 et 1576, les seigneurs de Chastillon, désireux de remettre leur demeure en état mais aussi de la moderniser tout en lui conservant un aspect défensif, nécessaire en cette période de troubles, sont probablement à l'origine de la construction du pavillon carré hors-œuvre sur les fossés et donc du nouvel aménagement des appartements dans l'aile ouest.

Ce sont essentiellement les murailles qui, à la fin du XVIIIe siècle, ont souffert des arrêtés du Directoire dont l'objectif était d'abattre les anciens «symboles de la royauté ». Ainsi, un acte daté du 1 1 janvier 1794, ordonna la destruction « des tourelles, forteresse et fossés de la maison du citoyen Maynon » ainsi que celle des « parapets garnis de créneaux et tout ce qui dans sa maison put avoir quelque ressemblance aux anciennes décorations des châteaux... ». Le travail de démolition commença effectivement en février 1794 et se poursuivit (dessin H. Delhumeau GRAHAL) jusqu'au début du mois de mars. D'après les rôles journaliers conservés dans les archives privées de Farcheville on saitDix-huit ouvriers abattirent environ seize arcades (de mâchicoulis), un coin ( = une tour ?), un mur du côté du potager et un petit bâtiment des remparts. La destruction du haut des murailles devait permettre le remblai partiel des fossés. En fait, le château a été sauvé de l'éradication envisagée grâce aux intelligentes démarches de son propriétaire d'alors, M. Maynon. Il argua du fait que le domaine était alors entièrement reconverti en exploitation agricole, y compris les fossés qui étaient mis en culture, et que les bâtiments de ferme ou d'habitation étaient adossés aux murailles. Il devenait donc impossible de faire entièrement disparaître les grands mâchicoulis sans entraîner la ruine générale du domaine. Les travaux s'arrêtèrent, mais une délibération faite en juillet en présence du maire réitéra les décisions précédentes : « Les murs en pourtour du ci-devant château de Farcheville, les tours, les flanquants, à l'exception de ceux à l'entrée seront démolis, savoir les murs en pourtour jusqu'à la hauteur de l'égoût des bâtiments de l'intérieur et les tours de fond en comble. Le pavillon à droite de l'entrée, lequel s'élève au-dessus des tours des autres bâtiments, sera rasé jusqu'à la hauteur du pavillon de gauche. Les fossés seront comblés ». L'argument décisif qui permit d'épargner définitivement la propriété fut qu'en cette saison de moissons les ouvriers seraient mieux employés à la récolte du blé et au battage du grain ! ce qui fut signifié par un arrêté du Conseil général du District d'Etampes émis au début du mois de septembre.

Seules les parties hautes des murailles, avec leurs créneaux et merlons, furent détruites ainsi que quelques arcades de mâchicoulis et les deux tours d'angle les plus saillantes, ces destructions ne descendant guère plus bas que le faîtage des bâtiments adossés aux remparts.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle Farcheville est resté une demeure bourgeoise, associée à une ferme, qui n'a véritablement été restaurée qu'en 1898-1900. Entre-temps, le « bâtiment neuf » avait été édifié au sud du porche.



Matériaux: pierre



Historique:

Le véritable développement d'une modeste localité date du XIe siècle, quand la famille de Bouville devient seigneur du lieu et donne son nom à cette terre. Hugues de Bouville, chambellan de Philippe 1er, y entreprend la construction d'une importante forteresse de plaine, tandis que les défrichements accroissent les terres cultivables vouées aux céréales. L'exploitation des bois demeure cependant l'autre ressource du bourg.
 La construction du château débute en 1291 pour Hugues II de Bouville, chambellan de Philippe le Bel. La chapelle est bâtie peu de temps après la pose de la 1ère pierre du château, sa présence étant attestée en 1321 et en 1350. Les peintures murales qui la décorent doivent dater de cette époque. La seigneurerie de Bouville est achetée en 1367 par Maximilien Jappin, conseiller et secrétaire du Roi, avant d'être acquise en 1407 par la famille de Chastillon qui la conserve pendant plus de deux siècles. Au moment de cette acquisition, la seigneurerie comprend la forteresse de plaine de Farcheville.
Les Chastillon se montrent soucieux de leur indépendance, les officiers d'Etampes ne pouvant exercer aucune juridiction sur les sujets de Bouville. La localité souffre particulièrement des guerres de religion et elle est pillée à trois reprises entre 1567 et 1576. A la révolution, une partie des créneaux et des murs d'enceinte du château est détruite. Sous l'Ancien Régime et à l'époque contemporaine, Bouville reste fidèle à sa tradition agricole.








La ville de Bouville


Sur la base Pop-culture

Sur Wikipédia


Le château vu du ciel


Un dossier historique sur le château 

Deux documents sur le château



Tourisme Essonne






 *



Les places fortes entourant l'Ile-de-France 

 Châteaux, châteaux-fort, donjons 

 Le monde des châteaux 
























































Aucun commentaire: