mercredi 26 juin 2019

L'enceinte de Verneuil-sur-Avre
















Située aux confins Sud du département de l’Eure sur un relief relativement doux, Verneuil accueille la rivière du Avre en son centre, elle formait autrefois la frontière entre la Normandie et le comté de Dreux. Placée entre Dreux et Argentan, Verneuil flirte avec le département de l'Eure-et-Loir, son complice historique. La commune accueilla un château-fort, un château royal et fut close relativement tôt. Son développement est intimement lié à cette frontière.








  
 Localisation : Verneuil-sur-Avre 27 130
département de l'Eure


Région : Normandie






Les premières mentions de Verneuil font état, au moment où des aménagements nouveaux sont entrepris, ils conduiront à la création d’une ville, d’une paroisse, Saint-Martin du Vieux-Verneuil, possédée par l’évêque d’Evreux, sur les terres de laquelle la ville est établie (Leprévost 1864, 344). La localisation de l’église paroissiale Saint-Martin ne fait pas de doute. 
Dès sa fondation le bourg fut clos d'une enceinte, cette enceinte était déjà mentionnée en 1131.


* Apparition d’un château;
 Ce château a pour effet, ou pour objectif, de capter un trafic qui semblait auparavant être assuré par un franchissement de l’Avre plus en aval. A ce nouveau franchissement, qui oblige à traverser un affluent de la rivière, sont bientôt associés deux lotissements.


* Mise en place de l’enceinte;
Avec peut-être positionnement des portes à partir des alignements formés par les églises. Mise en place d’une déviation de l’Iton depuis l’amont arrosant les fossés est et nord, le premier creusé dans la faible pente sur laquelle est établie le lotissement, le second, en travers d’une structure identique, et traversant un léger thalweg arrosé par un petit cours d’eau déjà en place (déviation de l’Iton mentionnée et lisible sur les cartes IGN au 1/25 000e).

 Tracé de l'enceinte
Ce tracé est matérialisé au sud-ouest par un tronçon de courtine encore en élévation sur une longueur d’environ 500 m. Des tours espacées de 50 à 60 m cantonnaient cette courtine. Sa trace est ensuite plus difficile à suivre en détail, mais elle est nettement soulignée par l’hydrographie, dont la mise en place suivant une telle configuration, sur le pourtour de la ville, est sans doute déterminée par le fossé longeant le mur. La structure la moins lisible est au sud, tout en restant assez claire. Elle est de ce côté probablement jalonnée par une grosse forme ronde, d’environ 17 m de diamètre, inscrite dans le parcellaire. Il s’agit ici d’une tour. La zone non aedificandi qui accompagne la fortification est large de 50 m. Elle s’élargit en un point sur le front est pour laisser place à une forme due probablement à la présence d’un bastion d’époque moderne. Il en est vraisemblablement de même au sud-ouest.

En 1195 l'enceinte et le pont qui part de la porte neuve, ont subies des réaménagements. 
Avec le temps, en 1754,  l'enceinte a été détruite sur ordre du marquis de Courteilles. 

Des parties conservées ont été mises de côté au XIXe siècle pour servir de clôture à l'hôpital et au couvent Saint-Nicolas. 
En 1991, le long de la ruelle de l'abreuvoir durant des fouilles, une partie de cette enceinte a été découverte mettant à jour une épaisseur de mur de 2m. Dans le prolongement méridional, une partie de la muraille est conservée derrière l'ancienne chapelle de la Trinité, construite en blocage de silex et mortier et parement de grison, elle mesure environ 2m de largeur à sa base.
Au Sud de ce mur s'étendait le site castral; l'enceinte, quand à elle, érigée de part et d'autre, avait été fortifier de contreforts. Celle-ci, accueillait aussi, en s'échelonnant, une quinzaine de tours et des portes qui, placés ici et là, dessinaient une linéarité militaire sur le pourtour. Les tours de flanquement, d'une forme rectangulaire, s'ajustaient deux par deux.





Les fortifications de Verneuil sont l' un des plus beaux spécimens des monuments militaires au moyen-âge la ville actuelle conserve l' enceinte et les fossés qu' elle reçut à sa construction. L' ensemble de la place comprenait trois forts ou enceintes ayant chacune ses moyens de défense particulière. Les murailles extérieures étaient défendues par un grand nombre de tours auxquelles l' usage du canon fit par la suite ajouter quelques bastions. Trois tours, dont deux ont été détruites, étaient surtout remarquables par leur grosseur. Celle qui subsiste encore et qui était le donjon ou château célèbre dans le récit des historiens sous le nom de tour Grise, a plus de 30 mètres de hauteur. Louis XIV ordonna qu' on la fît raser après l' entreprise du chevalier des Essarts mais les habitants éludèrent cet ordre sous prétexte de l' extrême difficulté d' opérer cette destruction.








La ville de Verneuil




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mercredi 19 juin 2019

L'enceinte de Chennebrun
















  Située au Sud du département de l'Eure, jouxtant le département de l'Orne, Chennebrun, coincé entre forêt et plaine bénéficie de l' Avre, une petite rivière qui passe au Sud du village et prend sa source en forêt du Perche pour se jeter dans l'Eure. Elle était l'une des places fortes qui assuraient la défense de la Normandie, là, entre Argentan et Chartres, dans l'axe d'Ivry-la-Bataille et Mantes-la-jolie.







 Localisation : 27 820, Chennebrun, 
département de l'Eure


Région : Normandie






Chennebrun était l'une des places fortes qui assuraient la défense de la Normandie. Chennebrun se trouve à un carrefour de plusieurs zones géographiques relativement bien définies, au sortir du paysage vallonné du Perche et en avant du vaste plateau du Neubourg.

Par ailleurs, le château de Chennebrun fut topographiquement associé à la vaste ligne de fortifications des Fossés-le-roi entreprise vers 1169 par Henri II, précisément à la suite de l’incursion française. À l’Ouest, ils rejoignaient la rive Nord de l’Avre à Iray et en suivaient le cours jusqu’à l’entrée du bourg de Chennebrun. Au-delà, vers Saint-Christophe-sur-Avre, ils semblent avoir plus ou moins longé le « chemin Perrey », voie antique encore utilisée au Moyen-âge sous le nom de Via Publical ou Via Regia. Des levées de terre rectilignes orientées d’Ouest en Est avec une légère inclinaison Sud-Nord, que la tradition orale nomme encore « Fossés-le-roi », sont conservées dans la partie orientale du parc de Chennebrun. Séparées en deux par le percement d’une allée au XVIIIe siècle, ces levées de terre longue d’une cinquantaine de mètres sont hautes de 1,20 mètre au maximum. Il est en outre possible que le bâtiment de la fin du Moyen Âge, appelé « Vieux Château », bâti sur une élévation artificielle au Sud de la motte fût accolé à des vestiges remaniés de ces fossés. Cette ligne fortifiée reliait donc les principales forteresses du Perche à la rivière de l'Eure en longeant l'Iton puis l'Avre : elle passait par Moulins-la-Marche, Bonsmoulins, Chennebrun, Verneuil, Tillières, et Nonancourt. Ainsi le château de Chennebrun, comme le maillon d'une chaîne, prenait une part active dans la défense du territoire. L'importance de Chennebrun s'est donc affirmée dans les programmes défensifs de la frontière sud-ouest de la Normandie par la fondation d'un bourg castral, autant — sinon plus — que par la présence d'un château à motte. Il s'agissait d'associer de façon interne effort de fortification et de concentration du peuplement dans un but unique : la protection du territoire normand contre les invasions françaises. La fondation du bourg castral de Chennebrun n'est aucunement anodine et répond aux besoins essentiels de défense de la frontière, au même titre que les bourgs castraux de Verneuil, Nonancourt, Tillières, ou Damville, quoique sur un plan légèrement inférieur. En plus de ces minces vestiges archéologiques, les sources écrites viennent renforcer l'intérêt historique de Chennebrun.
Jouxtant au Sud le complexe castral, la topographie actuelle de Chennebrun relève directement de celle du Moyen-âge. Le bourg s’étend le long de deux axes Nord-Sud reliant l’Avre au château et Est-Ouest. Il semble qu’il s’étendait autrefois plus au sud.  La configuration générale des bras de l’Avre, aux angles bien nets contournant les habitations, semble être née de dérivations artificielles de la rivière, remontant à la création du bourg. Elles furent peut-être renforcées de terrassements, d’une haie vive, d’une enceinte palissadée ou encore de mur.


Le donjon

Cylindrique sur motte tronconique, aux murs de pierre de 6 pieds d’épaisseur (2 mètres) pourrait tout à fait correspondre à une construction normande et même se rapporter au don de 20 livres par Jean sans Terre à Gohier de Chennebrun pour « fortifier son château » en juin 12011. L’expression ad firmandum pouvant autant signifier « construire » que « reconstruire » ou encore « fortifier » des éléments déjà existants, étant donnée l’ancienneté de l’implantation des Morville à Chennebrun, il est largement possible que cet édifice ne fût pas le premier. D’ailleurs, lors de l’incendie de 1168, le terme municipium indiquait qu’il existait déjà une structure fortifiée. Cependant, par la relative importance de la somme versée à Gohier au début du XIIIe siècle, il est possible de mettre en rapport ce « château » avec l’ancien colombier sur motte car celui-ci, à tous points de vue – plan annulaire et basse-cour, modestes proportions – était une construction typique de cette époque.


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mardi 18 juin 2019

L'enceinte de Tillières-sur-Avre

















Au coeur de la vallée de l'Avre, à la frontière entre la Normandie et le royaume de France, la commune flirte avec le département de l'Eure-et-Loir, elle se trouve dans l'axe Sud d'Evreux, proche de Dreux. Tillières, placé au Sud de son département, l'Eure, bénéficia d'un château-fort au XIe siècle, qui, sur un éperon rocheux, domina le village et la vallée. Un tout premier château fut construit par Richard, il fut détruit en 1040.









Localisation: 27570, Tillières-sur-Avre, 
département de l'Eure

Région: Normandie





D’après la topographie actuelle de Tillières, l’Atlas Trudaine (ill. no 9) et le cadastre du XIXe siècle (ill. no 12), le bourg trouva sa place en s’insérant en longueur, entre la basse-cour Sud du château et de la rivière, sans toutefois franchir celle-ci. En contrebas du château et séparé par un mur, le bourg était donc totalement dissocié des structures castrales.

Dès le début du XIe siècle, le pôle dominant de Tillières fut constitué par son château. Ducal à l’origine, il n’avait pas vocation à être un chef-lieu seigneurial mais surtout à défendre l’accès méridional de la Normandie contre le comte de Dreux-Chartres. En 1040, ce premier château fut détruit par le roi de France qui, dans un premier temps, exigea du jeune Guillaume qu’il ne le reconstruise pas avant quatre ans, mais qui décida finalement de réédifier la forteresse pour son propre compte et la garnit de ses propres chevaliers.En 1198, la comptabilité ducale montre le soin particulier de Richard à mettre Tillières en défense. Le château accueillit de nombreuses troupes : 21 sergents à cheval (40 jours pour 208 livres), quatre garnisons de 10 mercenaires gallois (chacune pour 6 livres, 13 sous et 4 deniers pour quarante jours), ainsi que du matériel lourd : 8 balistes (pour 76 livres). Le château de Tillières lui, placé sur un éperon rocheux domine le village et la vallée, un tout premier château fut construit par Richard, il fut détruit en 1040.
Apparemment à accès unique, ce château faisait apparemment partie de ses forteresses contemporaine du royaume anglo-Normand.
Le château reconstruit et modernisé par le roi de France, résista jusqu'à la guerre de cent ans, détruit par un incendie en 1492 il fut restauré en 1546 par la famille Le Veneur.
La partie sommital de l'éminence naturelle, du château était constituée d'une grande cour, close de murailles et pont-levis, elle englobait des bâtiments

Le château-fort de Tillières a été fondé vers 1013 par le duc Robert de Normandie, père de Guillaume le Conquérant. La forteresse occupe une position majeure en dominant la vallée de l'Avre, à la frontière entre la Normandie et le royaume de France. Incendié par Henri Ier de France en 1040, le château est reconstruit dès l'année suivante. La place forte est récupérée par Guillaume le Conquérant en 1057 et n'est rattachée à la France qu'en 1203 suite au siège de Philippe-Auguste. Le château est ruiné par les anglais lors de la guerre de Cent ans. Un incendie l'endommage une nouvelle fois en 1492, peu de temps après sa reconstruction. Restauré à la fin du XVIe siècle, le château est finalement détruit en 1823. Une grande maison à deux étages a été rebâtie vers 1835 tandis que le reste du domaine a été aménagé avec un parc à l'anglaise. Il subsiste encore d'importants vestiges des fortifications médiévales (tours, courtines, fondations du logis) qui témoignent de l'ancien intérêt stratégique du site.

 Au XVIe siècle, se château était formé de corps de logis, de communs et de jardins, il sera détruit en 1823 puis reconstruit en 1835.

Cette plate-forme était épaulée à l’Est par une seconde enceinte, la basse-cour, qui, en 1708, était « close pareillement de murailles et fossés avec un pont-levis et un pont dormant ». Le dénombrement de 1597 y décrivait « une grosse tour couverte d’ardoises, laquelle tour est logeable, vers le parc il y a aussi une autre tour pareillement couverte d’ardoises et logeable et une basse-cour close de murailles et fossés et pont levis ». Ces deux tours d’angle, défendant la partie orientale des remparts à entrée unique, furent représentées sur le croquis de 1734 : cylindriques, à deux niveaux et à toiture conique en ardoises (planche I). La partie basse de la tour Sud-Est est aujourd’hui conservée. De plan circulaire, elle est construite en blocage et mortier et a perdu la totalité de son parement. Sa construction pourrait néanmoins remonter au XIIe siècle. Son pendant au Nord était déjà détruit lorsque Régnier visita Tillières (1913). D’ailleurs, son emprise au sol n’apparaissait déjà plus sur le cadastre de 1835. De nombreux autres bâtiments, entourant la basse-cour et se refermant à l’Ouest, furent relevés en 1734 et 1747.

L’aveu de 1769 précisait l’existence de plusieurs basses-cours. Les descriptions mentionnèrent la contrescarpe des fossés, défendue par trois bastions et, à l’Ouest du château Renaissance, une troisième cour comprenant un pavillon en 1597. Ces structures existent toujours en majeure partie mais procèdent de réaménagements post-médiévaux. En contrebas de cette plate-forme et du château actuel, sur le flanc sud de la colline, se trouve encore un terre-plein terrassé, dit autrefois « grand parterre » clos de murailles et séparé du « jardin » (1597). Les archives de 1597 et 1708 précisaient l’existence d’une basse-cour supplémentaire, comprise entre le château et le bourg, c’est-à-dire dans la partie haute de la ville actuelle. Elle était appelée « le bourg », était « close de vieilles murailles avec deux grandes portes aux deux bouts non fermantes faites et composées de grisons ». L’atlas Trudaine montre encore précisément les tracés de ces différentes enceintes ainsi que l’emprise de ces deux portes sur la rue (ill. no 9). Celle de l’angle Sud-Ouest est conservée avec quelques portions du murs, le long de la « rue du Fort » (ill. no 11). Orientée plus vers le Nord, la porte est aujourd’hui en léger décalage par rapport à l’axe de la rue. Elle est construite en silex et blocs de grison de petit module (15 à 25 cm de hauteur pour 20 à 40 cm de largeur). Au Nord, une tourelle quadrangulaire, terminé par une abside semi-circulaire lui fut accolée au XIIIe siècle. Elle est conservée sur deux niveaux, scandés horizontalement par deux bandeaux de grison saillants. Le premier bandeau, à mi-hauteur, est situé à 165-170 cm du sol actuel.

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Ce château, attesté au XIIe siècle et reconstruit au XVIe siècle, est divisé en plusieurs propriétés. Il en subsiste aujourd’hui, au nord, de nombreuses courtines et une tour circulaire du XIIe siècle et, au sud, un important ensemble de terrasses, remparts et bastions du XVIe siècle ainsi que l’ancien étage de soubassement du grand logis. Enfin, le grand bâtiment d’habitation des années 1835, reconstruit sur les bases du XVIe siècle, est toujours visible, au sud.


Les vestiges de l'ancien château de Tillières-sur-Avre ont été inscrits en tant que monuments historiques le 18 mars 2014.








La ville de Tillières







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rempart










lundi 17 juin 2019

L'enceinte de Breteuil


















Breteuil est située dans la région naturelle du Pays d’Ouche au Sud-Ouest d'Evreux en dépassant Conches, à dix kilomètres du département de l'Orne, vers Argentan. Au XIIe siècle, Breteuil allait devenir cette puissante forteresse placée en arrière de la ligne frontière de l’Avre, elle était destinée à contrer les Français. Le bourg castral de Breteuil devint un importante plate-forme locale politique, militaire et économique.








 Localisation : 27 160, Breteuil, 
département de l'Eure


Région : Normandie







L'enceinte, le vieux fort.

Le grand étang de Breteuil défendait autrefois le « vieux fort ». Ce château médiéval n’existe aujourd’hui qu’à l’état de vestiges très réduits mais reste parfaitement discernable sur les plans du XVIIIe siècle, réparti sur deux îles artificielles mitoyennes. Un plan de 1792 montrait des vestiges plus importants : une large tour cylindrique assise au centre de la plate-forme castrale, en très légère surélévation et plus ou moins quadrangulaire (environ 50 sur 70 m, selon L. Régnier). La tour-maîtresse paraît avoir été entourée d’une enceinte partiellement conservée, dont deux tours rondes défendaient l’entrée vers la basse-cour. L. Régnier évoquait également, au début du XXe siècle, une possible chemise ou courtine, large de 2,50 mètres : une maçonnerie à parement en grison présentant un angle rentrant avait été retrouvé à un endroit pouvant faire la jonction avec le donjon. La basse-cour trapézoïdale, séparée de la plate-forme par un large fossé, s’étendait à l’Est, vers le bourg, sur 120 m par 150 mètres de longueur. Selon le plan de 1792, elle était également enclose de murs de pierre et flanquée d’au moins trois tours cylindriques. L. Régnier notait la présence de nombreux vestiges enfouis sur son pourtour et supposait la présence de tours quadrangulaires, faisant remonter cet ensemble au XIIe siècle. Actuellement, la plateforme a totalement disparu. La basse-cour, transformée en jardin public, présente des levées de terre latérales, dans la partie sud de laquelle un massif de maçonnerie, ressemblant à une tour de flanquement est encore visible mais ne remonte pas au XIIe siècle. Un relevé micro-topographique des vestiges fossoyés et maçonnés a été effectué en 2007. Sur de nombreux points, ce « vieux fort » semblerait plutôt se rapporter aux XIIIe-XIVe siècles.


L'enceinte, le bourg.

Le schéma général qui en ressort, évoque un dispositif de fortification indépendant du « Vieux fort », s’apparentant au type traditionnel d’un château à motte, figurée par la butte artificielle au Sud avec une ancienne basse-cour entourée de son fossé, remaniée et tronquée par la suite car absorbée par le bourg. Ces lieux furent donc profondément modifiés. Cependant, les traces de fossés intérieurs et les élévations artificielles, figurées sur les plans du XVIIIe siècle, attestent indéniablement la présence d’une fortification. Celle-ci paraît être antérieure à l’enceinte du bourg, qui l’aurait en partie englobée. S’agirait-il du château primitif de Breteuil, construit vers 1054, par Guillaume le Bâtard, ou d’un château antérieur attribuable à Raoul d’Ivry, Hugues de Bayeux ou Guillaume Fils-Osbern ?

La fondation du bourg apporta des modifications internes à Breteuil, avec une mise en forme plus précise de l’habitat et, sans doute, sa fortification. De nombreux documents iconographiques des XVIIIe et XIXe siècles (planches nos II et III ; ill. no 16) montrent qu’il était entouré d’une enceinte oblongue, marquée par des fossés en eau. L’existence de ces fossés près de la porte de Conches fut précisée en 1656 car ils bornaient des maisons ou des « places vides ». Les parties Nord-Est et occidentale de cette enceinte étaient arrondies et la partie Sud, plus rectiligne. À cet endroit était encastrée, entre l’enceinte primitive du bourg et le « Bras-Forcé » de l’Iton, une friche ou espace rural, visible sur le plan de 1735-1737.

Aucune forme régulière ne ressort réellement de cette structure qui paraît être d’origine. Bien que le bourg de Breteuil ait eu à subir de graves dommages – il fut incendié par Roger de Tosny en septembre 1138 – aucune modification majeure ne semble avoir été apportée, avant la fin du XVIIIe siècle, à la topographie urbaine, si ce n’est l’absorption de l’enceinte fortifiée des premières structures castrales. L. Régnier attestait la présence d’anciennes murailles et d’une tour de flanquement quadrangulaire en grison, ouverte à la gorge, au Nord-Ouest de la ville. Il ne subsistait alors que la partie inférieure, aveugle, donc conforme à la tradition du XIIe siècle qui situait de préférence la défense aux niveaux supérieurs. L’auteur n’hésitait d’ailleurs pas à faire remonter sa construction à la seconde moitié du XIIe siècle. À cette époque, il existait apparemment trois accès au bourg. En septembre 1119, lors de l’attaque de Breteuil par Louis VI, de violents combats auraient eu lieu aux « trois portes de la ville », sans compter l’accès au château encore maîtrisé par Raoul II de Gael.

Vers la fin du Moyen Âge, il aurait existé quatre portes :

La porte de Conches et la porte de Verneuil, pour l’axe Nord-Sud
La porte de Tillières (ou du moulin) et la porte de la Planchette pour l’ancienne voie antique de Rugles à Condé.

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L'histoire

Breteuil est un lieu qui allait devenir une puissante forteresse placée en arrière de la ligne frontière de l’Avre. A partir de ce moment, vers 1055 environ, le bourg va se développer rapidement avec église, maisons, halle aux marchands et murailles de protection. Celles-ci furent protégées par les eaux de l’Iton, canalisé à cet effet depuis Bourth. Breteuil sur Iton est dominée par sa situation aux frontières de la Normandie. Au début du XI e siècle, Breteuil appartenait au puissant Raoul d’Ivry, demi-frère du duc Richard 1er. Au milieu du XIe siècle, le fief était tenu par son petit fils Guillaume Fitz-Osbern, fondateur de l’abbaye de Lyre. En 1054, le duc Guillaume , futur Guillaume le Conquérant, dut compenser la perte de son château de frontière à Tillières. Il fit édifier à Breteuil, pour son fidèle ami Guillaume Fitz-Osbern, une forteresse destinée à contrer les Français. L’importance de la cité était à ce point prépondérante que la nécessité de lui procurer artificiellement un cours d’eau s’imposa aux chefs normands. C’est ainsi que fut créé, en 1054, le bras forcé de l’Iton (depuis le Becquet à Bourth jusqu’à Condé sur Iton) destiné à renforcer les défenses du château de Breteuil , « rempart inexpugnable longtemps opposé aux rois de France ». Par la fondation d’un « bourg » (zone franche fiscalement avantageuse pour ses habitants) castral (attaché au château), Guillaume dynamisa cette région quelque peu en retard sur ses voisines. Jusqu’à la fondation de Verneuil dans les années 1120-1130, le bourg castral de Breteuil devint une importante plate-forme locale politique, militaire et économique.







La ville de Breteuil





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L'enceinte de Damville


















A 10 kilomètres au Sud d'Evreux dans la vallée de l'Iton sur l'axe Ivry-la-Bataille-Saint-Germain-en-Laye, placé au Sud du département de l'Eure, Damville dut son importance à sa situation sur la frontière Normande. Elle formait du côté de la France, avec Tillières-sur-Avre et Breteuil, une ligne de forteresses. Elle fut une place fortifiée dès le XIe siècle qui avait appartenu à une maison illustre,  la Maison de Crespin. Puis elle fut la fortresse des fils cadets de la famille de Montmorency au XIIIe siècle qui étaient seigneurs de Damville.
Outre la forteresse, deux enceintes et des fossés défendaient le bourg.








 Localisation : 27 240, Damville, département de l'Eure

Région : Normandie











 Terre et Seigneurie qui donnait séance à l’Echiquier de la Province de Normandie, Damville est située dans la communauté de communes Normandie Sud-Eure et appartenait à la Maison de Crespin : c’était alors une place fortifiée. Au XIIe siècle, Henri II, Roi d’Angleterre, assiégea cette forteresse et la prit en 1173 sur Gilbert Crespin, Baron de Tilliers. A la fin du XIIIe siècle, elle n’appartenait plus à cette Maison, puisqu’elle était possédée par le fameux Pierre de la Brosse, natif de Tours, qui de barbier du Roi Saint-Louis, devint, par son esprit et par son adresse, premier ministre du Roi Philippe-Le-Hardi ; mais qui ensuite ayant abusé de la faveur de son maître même, fut abandonné à la justice le 30 Juin 1278. Ce prince eut la confiscation de ses biens. Philippe-Le-Bel donna Damville, avec la haute justice et le droit de Fouage, en 1285, à Mathieu de Montmorency, IV du nom, son Grand Chambellan et son Amiral. Les descendants de Mathieu la possédèrent depuis ce temps.

Brûlé en 1188 et détruit de nouveau pendant l' occupation anglaise, le château de Damville ne fut pas rétabli, seulement on construisit à la place un bâtiment qui paraissait neuf en 1603 et qui, selon toute apparence, est la modeste maison de bois qu' on nommait encore au XIXe siècle le château. De l' ancienne forteresse, il ne restait plus à cette époque que les fossés remplis d' eau et le pont-levis qui a disparu depuis.
  Comme la plupart des lieux fortifiés, Damville eut successivement deux enceintes. A l' origine le bourg était limité et défendu à l' Ouest par une muraille partant du pont de Mousseaux et allant se rattacher à angle droit au cours d' eau qui servait de clôture du côté du midi. Sur la partie de ce mur le plus proche des fossés du château était adossée une tour ronde dont les derniers vestiges ont été récemment détruits. Plus tard, quand la population se trouva trop enserrée dans sa ceinture de pierre, un autre mur avec fossé fut établi et entoura un nouvel espace de terrain à l' Ouest et au midi. La porte de Verneuil, qui s' ouvrait au Nord de l' emplacement de la prison, fut reportée à l' endroit où commence au XIXe siècle le faubourg de la Lombardie. Les murs et les fossés qui défendaient le bourg ne sont pas inscris sur le plan de 1778 annexé au terrier, mais l' examen des lieux a permis de rétablir le tracé de l' enceinte fortifiée. Les lacunes étaient évidemment comblées par la rivière qui, en ces endroits, servait de moyen de défense.

Le bourg originel de Damville était donc inscrit dans une enceinte fortifiée, accolée et associée à la motte par un système de fossés en eau. Malgré les destructions substantielles de la guerre de Cent Ans, ces dispositions se pérennisèrent jusqu’au XIXe siècle et sont aujourd’hui encore identifiables. Lorsque le temps des guerres et des invasions fut passé et que Damville n' eut plus à se protéger par des fortifications contre les attaques du dehors, on vit, en 1722, Mme de Parabère, concéder à Médard Brunet une partie des fossés de la ville en pâture et pré longue de 150 pieds et large de 17 moyennant 10 sols  (à peu près 30 Euros) de rente. Trois portes et un pont-levis fermaient les passages aménagés dans l' enceinte de défense, il s'agissaient de :
La porte de Paris, à l' Est, de Verneuil à l' Ouest, de Conches au Nord et le pont-levis qui séparait le bourg du faubourg de Laval. ll existait, en outre, suivant la tradition, un autre passage pratiqué dans la muraille au midi à égale distance environ des portes de Paris et de Verneuil, mais si étroit qu' on l' avait nommé le Trou à Chat.  Ce passage, même tout agrandi qu' il est, a conservé son nom. La maison qui forme un de ses côtés à l' est, était, en temps d hostilité, le passage des militaires qui étaient mis en sentinelle sur le rempart pour la garde de la ville.

Un fait qui se rattache à la possession du duché de Damville par le comte de Toulouse peut faire supposer que ce prince eut la pensée de rendre le manoir seigneurial habitable, c' est la construction d' immenses écuries qui évidemment n' étaient pas nécessaires aux agents du domaine. A la même époque, la cour du château fut agrandie aux dépens du cimetière.

Certains noms de rues actuelles nous renseignent sur l'emplacement des anciens remparts, comme la rue de la Citadelle, la « rue des Remparts » qui marquaient les bords Sud et Est.

La Forteresse de Damville (aujourd'hui disparue), simple tour entourée de fossés où coulait l'Iton, appartenaient à la Maison de Crespin. Elle est alors construite vers 1035, lorsque Guillaume le Conquérant succède à son père Robert Ier de Normandie. L'Échiquier de Normandie, tradition instituée par Rollon, y donne alors séance. Gilbert Ier de Crespin, baron de Tillières-sur-Avre et grand-père de l'abbé de Westminster, Gilbert Crispin, perd la forteresse, en 1173 contre Henri II d'Angleterre, qui la brûle, en 1188. Elle est rebâtie par Richard Cœur de Lion. Le projet de reconstruction est initié par l'évêque d'Évreux, Gilbert Fitz Osbern, sous le duché de Robert II de Normandie (présentés parfois sous les traits de Giselbert Ier et Robert le Diable). Elle passe entre les mains de Pierre de la Brosse, natif de Tours, ancien barbier de Louis IX puis premier ministre de Philippe III le Hardi avant que Philippe IV le Bel la donne à Mathieu IV de Montmorency. La tour est encore détruite par les Anglais au début du 15e siècle, pendant la Campagne de Bretagne et de Normandie en 1448-1449 durant la Guerre de Cent Ans. À la suite de l'invasion anglaise puis des guerres médiévales, l'emplacement du château resta longtemps une ruine, et ne fut rebâti qu'à la fin du 16e siècle ou au début du 17e.
Le plan terrier de 1780 montre l'ensemble de l'ancien réseau de canaux. Un bras contournait par le sud la « rue des Remparts » et rejoignait, au nord, le fossé du château derrière l'église. Des extensions vers l'est et vers le sud firent suite à ces ouvrages : au sud-est du bourg primitif – le « bourg sud », et un espace quadrangulaire à l'est de l'église – le « bourg nord ». Le plan de 1808 mentionnait précisément l'existence, au sud et à l'est, d'une levée de terre, avec la mention de « fossés du bourg » qui fut détruite avant 1838.








La ville de Damville



Damville sur la base Pop-culture 
https://www.pop.culture.gouv.fr


Un document sur le bourg, le château-fort
page 54



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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, château-fort, donjons
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Le monde des châteaux











































mercredi 12 juin 2019

L'enceinte de Guainville





















Entre Evreux et Thoiry, au Sud-Ouest de Mantes-la-jolie, Guainville, village de l'Eure-et-Loir est arrimé entre terre et forêt dans son pays, sa terre là haut, sur cette pointe solitaire du département se voyant entouré du Duché de Normandie et du Royaume de France, aujourd'hui département de l'Eure et région d'Ile-de-France, deux territoires royaux...
Détruit mille fois puis reconstruit à la fin du XIIe siècle, le Vieux-Château, somnolent, laisse toujours échapper ses pages d'histoire, ses pages de vie chevaleresque. Autrefois unique forteresse anglo-normande en terre de France, il a su résister, combattre, se laisser enjoler par des seigneurs ou des princes....







 Localisation : 28 260, Guainville, 
département du Eure-et-Loir

Région : Centre-Val-de-Loire





Reconstruit à la fin du XIIe siècle, le Vieux-Château est situé à la pointe nord du département d’Eure et Loir. Dominant les rives verdoyantes et escarpées de l’Eure, il était autrefois situé aux confins du royaume de France et de l’ancien duché de Normandie, alors possession du Roi d’Angleterre. Les vestiges de la forteresse présentent des spécificités remarquables, le plaçant comme un témoin majeur de l’art militaire de la fin du XIIe siècle.

Autrefois, Guainville était divisée en deux parties : Guainville-Le Chastel (partie Vieux-Château) dont les ruines attestent son ancienne importance féodale. Guainville-Le Moustier (partie Bourg) :entre Guainville-Le Chastel et Gilles existait un autre village .

Le château de Guainville a été implanté à un peu moins d'un kilomètre au sud du village et de l'église paroissiale de Guainville-le-Moutier, légèrement en retrait du bord du plateau dominant la vallée de l'Eure. Il ne contrôlait directement aucun itinéraire, même s'il existait à proximité un cheminement sud-est-nord-est, appelé au Moyen Âge « chemin de Saint-André », et dans le cadastre de 1833 « chemin de Paris »,  l'implantation d'un site fortifié en ce lieu avait surtout pour objet de contrôler la vallée de l'Eure ; le choix de l'emplacement permettait d'avoir une vue directe sur le château d'Ivry, légèrement au Sud-Est; et la rivière navigable, comme le grand chemin de Chartres à Rouen par Vernon, passaient en contrebas du château. Il est assez étonnant, de ce point de vue, que la fortification n'ait pas été établie directement à la rupture de pente du plateau, où elle aurait pu bénéficier de vues directes aussi sur la vallée de l'Eure, mais aussi de l'escarpement – à vrai-dire relatif – du coteau de l'Eure.
Le hameau de Guainville-le-Château n'ayant jamais été urbanisé, ce n'est que dans la seconde moitié du XXe siècle seulement qu'il commença à se densifier par la construction de résidences secondaires, il présente encore les traces réelles ou fossiles de sa fortification. Celle-ci était formée de deux parties très distinctes : le château proprement dit, vaste enceinte oblongue de 125 mètres de plus grande longueur, pour 55 mètres de plus grande largeur, entourée de fossés larges de 20 à 25 mètres, encore profonds de 5 à 7 mètres malgré leur comblement partiel par les ruines des courtines et des tours ; la basse-cour villageoise, formant un polygone irrégulier lui-même entouré par des fossés dont les seules parties conservées sont au nord-ouest, encore facilement décelables malgré leur comblement partiel.


La fortification:

La taille de l’enceinte fortifiée, son homogénéité générale et la qualité de l’œuvre en font une construction Royale et non celle d’un seigneur local. D’un caractère innovant, doté de nombreuses particularités, son architecture l’apparente aux constructions anglo-normandes. Le Vieux Château est l’unique forteresse anglo-normande en terre de France. Fortifiée en bois aux alentours du début du XIe siècle par Ascelin Goel, vassal de Guillaume le Conquérant, la maison passa successivement à son fils Guillaume Louvel, à Simon d’Anet, également vassaux du Roi d’Angleterre. En 1192, Simon d’Anet mourut sans héritier, la forteresse en cours de reconstruction en pierre de taille, fut alors intégrée au royaume de France par Philippe Auguste. Entré dans les possessions du comte d’Evreux, le Château fut démantelé en 1378 par ordre de Charles V, suite aux nombreuses rebellions du propriétaire du domaine.

Celle-ci était formée de deux parties très distinctes : le château proprement dit, vaste enceinte oblongue de 125 mètres de plus grande longueur, pour 55 mètres de plus grande largeur, entourée de fossés larges de 20 à 25 mètres, encore profonds de 5 à 7 mètres malgré leur comblement partiel par les ruines des courtines et des tours ; la basse-cour villageoise, formant un polygone irrégulier lui-même entouré par des fossés dont les seules parties conservées sont au nord-ouest, encore facilement décelables malgré leur comblement partiel.

Les caractères architecturaux attribuent l'édifice à la fin du XIIe siècle. Le flanquement systématique par des tours à archères le ferait remonter aux années 1180. Il fut, dès 1192, intégré dans les possessions royales françaises. L'édifice se place sur une plate-forme scindée en deux parties, le tout entouré par une enceinte maçonnée dont les courtines et les tours situées dans les deux tiers septentrionaux ont été presque entièrement ruinées, à l'exception de la tour d'entrée.


L’enceinte castrale:

 La fortification dessine une longue plate-forme ovoïdale séparée en deux parties inégales par une large dépression de plus de vingt mètres de largeur. Les deux plates-formes sont à peu près au même niveau (environ 132 NGF au nord, 131,5 au sud), dominant suivant les endroits, de un à trois mètres les sols extérieurs : cette surélévation résulte certainement de l'épandage des terres provenant des fossés, mais également de l'accumulation de remblais de destruction, comme on peut le voir en particulier au sud. Le fond de la dépression intermédiaire est situé entre 128 et 130 NGF, donc à peu près à la hauteur des sols extérieurs. On ne décèle cependant pas dans ce grand plateau double aucune singularité topographique qui atteste de la présence passée d'une motte, l'éminence visible au sud-est de la plate-forme nord, culminant à 134 NGF, paraissant être plutôt une accumulation de terres et de ruines.

Caractères généraux des éléments maçonnés conservés 
Cette longue plate-forme était primitivement entièrement entourée d'une enceinte maçonnée, qui a fait l'objet d'une destruction systématique et complète au moyen de la mine, à l'exception de la plateforme sud mieux préservée ; les courtines et les tours renversées ont basculé dans les fossés, leur base, voire des pans entiers, se trouvant désormais en contrebas de leur position originelle du fait de la translation-rotation qui les a affectées. Cette destruction par la mine s'est ensuite prolongée par l'utilisation des ruines comme carrière de pierres, qui a conduit à la disparition de pans entiers de parements dans leurs parties accessibles sans échelles. De l'enceinte de la plate-forme nord ne subsistent que les restes de la tour semi-circulaire, et de la tour polygonale, ainsi que la spectaculaire porte à deux tours. L'enceinte de la plate-forme Sud est formée d'un trapèze irrégulier flanqué à chacun de ses angles par une tour circulaire ou semi-circulaire ; vers le nord, ce trapèze est ouvert, et deux courtines partent respectivement à l'est et à l'ouest pour fermer les flancs de la dépression intermédiaire, se raccordant à l'enceinte nord avec deux tours. De la première subsiste le mur de gorge, ainsi qu'un important pan de maçonnerie arrondie, basculé dans le fossé ; la seconde n'a pas laissé de vestiges en haut de la plate-forme, mais on décèle facilement des pans entiers de sa maçonnerie et d'une voûte en coupole au fond du fossé, à l'est.





* Un site entièrement re-fortifié à la fin du XIIe siècle:

Sous Philippe Auguste, la deuxième phase reconnaissable à Guainville fut celle de la création d'une fortification puissante, entièrement maçonnée et flanquée de tours circulaires à archères ; il est probable que c'est durant cette phase seulement que fut aménagée la petite basse-cour villageoise ceinte de murs et pourvue de deux portes, car son plan polygonal dénote avec le plan tout en courbes de l'aménagement originel. Lors de cette seconde phase, les fossés furent recreusés et élargis ; le schéma motte-basse-cour fut revu, par un nivellement général des plates-formes et une surélévation de celles-ci grâce à la terre provenant du recreusement des fossés. Le schéma originel de bi-partition ne fut cependant pas totalement abandonné, mais la séparation fut reportée plus au Nord, au-delà de la dépression intermédiaire et sur son escarpe ; on ne considérera pas pour autant cette séparation probable comme à but défensif, la nouvelle topographie du site ne laissant place à un fossé véritable entre basse-cour et haute-cour du « donjon ». Les éléments construits à l'époque relèvent de façon manifeste des nouveaux courants de fortification qui se développèrent dans le dernier quart du XIIe siècle, culminant côté français avec l'architecture dite « philippienne », marquée par ses principes communs assez connus pour que l'on n'y revienne pas ici. Avant de tenter de caractériser plus avant Guainville par rapport aux constructions de l'époque, tentons d'abord d'établir à quel moment un chantier d'une telle envergure put être lancé.
Par ses dimensions et son ambition, ce projet dont tous les éléments sont indéniablement d'une seule campagne de construction, nécessita des moyens considérables ; or, même si Jean de Bréval et son père Simon d'Anet figuraient parmi l'aristocratie aisée, ils étaient loin de posséder les revenus nécessaires pour mener dans un temps bref une construction aussi consommatrice de moyens financiers sonnants et trébuchants. De plus, mutatis mutandis, la refortification du site ne peut s'imaginer que dans un contexte de guerre où, de nouveau, Guainville et Ivry se faisaient face et s'affrontaient.


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Deux documents sur le château-fort


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